Echappée dans l’empire du milieu

 

par Nicole IMBERT-DEGRAVE

 

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Cette année-là, l’envie de Chine nous avait pris tous les deux. Je venais de refermer le livre de Fabienne Verdier (la Passagère du Silence), et avais parcouru plusieurs ouvrages sur ce pays.
Sa culture plus que millénaire avec ses zones d’ombre et de lumière, sa démesure mais en même temps son raffinement, tout nous attirait.
C’est ainsi que par un beau matin, nous débarquâmes à Pékin. Tout y est grand et majestueux, la place Tian’an Men, avec son imposante statue de Mao et le défilé interminable des Chinois, la Cité Interdite, bien sûr, avec ses multiples palais, salles, symboles et dragons, les divers temples…

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Nous  nous sommes longuement promenés dans Pékin, avons partagé le repas d’une famille de Chinois dans les Hutongs, avons admiré les gentils « grands-pères » promenant leurs oiseaux en cage dans les parcs, avons même pu entrevoir derrière certains « murs des esprits » de redoutables joueurs de Mah-Jong déplaçant leurs tuiles avec concentration… Tout ici est déroutant. On se laisse porter par le flot de la foule des Chinois qui, comme nous, sont curieux de leur propre histoire.
Mais quelques jours plus tard, nous quittons Pékin, et nous dirigeons vers la frontière de la Mongolie intérieure pour aller admirer la muraille de Chine. Là encore, le gigantisme de l’œuvre nous coupe le souffle. Depuis la plate-forme au-dessus du parking, on peut se promener sur plusieurs kilomètres pavés de dalles en terre cuite. En 2009, les organes officiels de la Chine ont estimé à 8.851 Kms la longueur de cette muraille dont 6.259 Kms de murs, 359 Kms de tranchées et 2.252 Kms de barrières et talus.

Nous sommes à la frontière de la Mongolie. Le froid est intense en ce mois de Novembre et le spectacle y est grandiose. On est brusquement transporté dans l’univers de ces grands empereurs qui cinq siècles avant Jésus-Christ avaient déjà commencé à poser les limites de l’empire du Milieu.

 

 

 

 

 
Mais nous quittons les Qi, les Song, les Jin et enfin les Ming (autant de dynasties qui ont participé à la construction de cet ouvrage), pour descendre nous restaurer dans un étrange « boui-boui ».

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Nous entrons, la salle est bondée de travailleurs chinois en pause. De grandes et longues tables avec bancs de chaque côté. La décoration est sommaire. Un dragon sommeille dans un coin, mais l’odeur de la cuisine est alléchante, aussi, c’est tout naturellement que nous nous mêlons à la population, et assis sur nos bancs, coincés entre deux sympathiques chinois, nous nous régalons en piochant dans le plat central circulaire. J’ignore encore aujourd’hui ce que j’ai mangé (à part le riz, bien sûr), mais j’ai encore le souvenir d’un plat délicat aux multiples saveurs. Un grand bol de thé, et nous voilà prêts à repartir pour de nouvelles découvertes.

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Nous quittons la muraille et redescendons vers le sud-ouest mais avant, nous faisons une halte à Chengdé.
Chengdé est à 256 Kms de Pékin et servait en fait de « résidence secondaire » aux empereurs mandchous. Là encore, c’est le royaume des palais, des parcs, des bannières, des stèles et des temples lamaïques. Il y a beaucoup à dire sur Chengdé et son atmosphère. On n’a pas de mal à se représenter l’empereur et son épouse cherchant le calme dans leurs magnifiques parcs avec leurs échappées naturelles, leurs lacs, leurs îles…, mais aussi cherchant à apprendre et à comprendre le monde dans le bureau des quatre connaissances… Une atmosphère à nulle autre pareille !

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Puis, nous quittons les palais et les temples et déambulons dans la ville. Partout où nous passons, le sentiment d’être entourés d’une foule compacte ne nous a pas quittés. A Chengdé, comme à Pékin et surtout ensuite comme à Shangai, le mouvement de la foule est omniprésent et nous entraîne. Mais pour l’instant, nous sommes dans les petites rues de Chengdé, et au fil de nos déambulations, nous arrivons dans un quartier où des jeunes filles (femmes) sont occupées à créer des tableaux en papier découpé. La dextérité de ces infatigables ouvrières, et leur goût pour de délicates représentations nous fascinent. En quelques minutes, ces artistes créent à coups de ciseaux des œuvres qui, une fois dépliées, se révèlent d’une grande finesse.

 

Nous apprenons ainsi que cet art encore appelé le Jiânzhi existe en Chine depuis au moins le VIème siècle. Son objet au départ à la fois religieux et décoratif est maintenant principalement tourné vers l’embellissement des fenêtres, des portes ou des lampes. Traditionnellement, c’était les jeunes filles qui devaient apprendre et étaient souvent jugées par leur future belle-famille sur leur dextérité à réaliser tel ou tel tableau. Aujourd’hui, cet art s’est développé, et lorsqu’il est exercé de façon professionnelle, ce sont souvent des hommes qui à l’aide d’un couteau très aiguisé (sorte de scalpel), coupent plusieurs épaisseurs de papier à la fois sur un support de cire. Mais en l’occurrence, nous étions dans un quartier populaire et pour quelques yuans, nous avons pu assister à la naissance sur papier découpé de deux  japonaise.

 

 

Et c’est encore sous le charme de cet art si délicat que nous prenons ensuite le train pour Xi’an et les 7.000 soldats en argile du roi Tcheng enterrés au pied de son tumulus…mais c’est encore une autre histoire !

 

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