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Âme brisée de Akira Mizubayashi

Conseillé par Alain Lavelle

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« Âme Brisée », un roman d’Akira Mizubayashi publié aux éditions Gallimard, retrace dans une écriture limpide l’histoire de Rei Mizusawa-Maillard, luthier spécialisé dans la confection et la réparation de violons et d’altos.

Le livre est d’une belle sensibilité ; il allie les voyages par le déracinement et l’apprentissage, l’art par le travail des mains, la musique et la littérature. Il prouve ainsi que le talent, source de vie, défie la mort. Rei, enfant, témoin impuissant de la violence des hommes assiste, apeuré, à la brutalité des militaires qui, lors d’une répétition avec des amis chinois, brisent le violon paternel, un Vuillaume, puis embarquent brutalement son père Yu et le font disparaître à jamais.

 

L’âme d’un violon est un petit cylindre de bois qui réunit la table et le fond de l’instrument. Elle est le cœur du violon, lui donne le souffle vital et, bien ouvragée, permet les sonorités adéquates. Soutenu par sa compagne Hélène archetière et obsédé par le violon mutilé de son père, Rei n’aura de cesse de le faire revivre. Après sa formation à Mirecourt dans les Vosges, capitale de la lutherie française et à Crémone en Lombardie, patrie de Stradivari et reconnue mondialement pour sa tradition luthière, il devient un luthier renommé apprécié des musiciens célèbres. Tout au long de son travail de reconstitution, il est accompagné par deux compositions musicales prisées par les amateurs de musique classique : Rosamunde de Franz Schubert et la Gavotte en rondeau de Jean-Sébastien Bach, partitions jouées lors de l’arrestation de son père.

Mais ce récit est aussi un voyage dans le temps où se retrouvent les principaux protagonistes unis par la musique et les souvenirs douloureux du passé.

Enfin Yu, professeur d’anglais, cultivé et réceptif à la littérature engagée, affichait son humanisme et son intérêt pour la littérature occidentale et la littérature prolétarienne  alors combattues par les autorités impériales car considérées comme menaçant la sécurité et la grandeur du Japon.  Ses choix littéraires en firent un coupable condamné à mort. ‘’Le bateau usine’’, évoqué dans le livre est le roman réputé de Takiji Kobayasihi publié en 1929 qui décrit les conditions de vie épouvantables des travailleurs embarqués à bord d’un navire pêchant le crabe dans la mer d’Okhostsk entre le Japon et l’URSS.  Je conseille fortement sa lecture.

Découvrez « Âme Brisée », je suis certain que vous y prendrez le même plaisir que j’ai eu à le lire.

Akira Mizubayashi

Akira Mizubayashi  est un écrivain japonnais né le 5 août 1951 à Sakata. Après avoir étudié en France (Ecole Normale Supérieure), il enseigne actuellement à l’université Sophia de Tokyo. Il a publié plusieurs essais et romans dont « Une langue venue d’ailleurs », « Mélodie, Chronique d’une passion », « Petit éloge de l’errance » « Un amour de mille ans », « Dans les eaux profondes » et enfin « Âme brisée ». Plusieurs de ses livres ont fait l’objet de diverses récompenses.

 

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Le voyage des plantes de José E. Mendes Ferräo

Conseillé par Alain Lavelle

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Dans un ouvrage passionnant et instructif ‘’Le Voyage des Plantes et les grandes découvertes’’, José E. Mendes Ferrao décrit l’histoire des migrations des plantes à travers le monde. Nous consommons régulièrement des plantes vivrières et des fruits inconnus il y a quelques siècles en Europe, mais connaissons-nous leur origine et leur périple ? Aux XVème et XVIème siècle les navigateurs portugais et, dans une moindre mesure, espagnols ont introduit, dans leurs nouvelles colonies et sur les continents où ils abordaient, les différentes espèces cultivées par les autochtones.

 

 

L’auteur nous rappelle que les grandes routes maritimes de l’expansion portugaise et de l’esclavage furent aussi celles des migrations intercontinentales de plantes entre  le XVème et le XVIIIème siècle. Ces traversées océaniques, défis énormes pour l’époque, étaient effectuées par des flottes placées sous le commandement de capitaines prestigieux dont les noms sont connus de la majorité des terriens : Bartolomeu Diaz, Vasco de Gama, Pedro Alvares Cabral, Magellan… N’oublions pas que, dès le XVIème siècle, Lisbonne est à la tête d’un empire maritime s’étendant de l’Amérique au Japon, parsemé de nombreux comptoirs et d’escales essentielles à la survie des équipages et à la maintenance des caravelles. Ce réseau complexe qui partait du Portugal et se terminait en Extrême-Orient était constitué de multiples relais stratégiques au Cap-Vert, au Brésil, en Angola, au Mozambique, aux Indes Orientales, à Macao et à Malacca. Lors de ces trajets, beaucoup de plantes ont changé de continent : ananas, noix de coco, patate douce, tomate, citron, orange, cajou, gingembre, banane…  Rares étaient celles qui restaient sur leurs terres d’origine : girofle, muscade et poivre.

Ces transplantations vont s’amplifier au XVIIIème siècle et entraîner des tensions, voire des conflits, avec les Hollandais.

Dégustez avec gourmandise ce livre aux magnifiques illustrations. Vous y découvrirez des plantes connues et inconnues mais aussi des variétés aux noms poétiques qui vous feront voyager : le cachimantier, le chérimolier, le pourghère, le cardamomier, le carambolier, le curcuma, le kaki, le gombo…

José F.Mendes

Né en 1928 à Coja (Portugal), José E. Mendes Ferräo est spécialiste en agronomie et agriculture tropicale.  Ingénieur, enseignant, membre de nombreuses commissions sur l’agriculture d’outre-mer, il devient directeur du  Centre d’Etudes de Production et Technologies Agricoles en 1984. Président de la commission nationale de la FAO, représentant le Portugal, José E. Mendes Ferräo s’intéresse aux liens entre l’Europe et les anciennes colonies. De 1972 à 1974, il est Secrétaire d’Etat en charge de l’agriculture. Souvent récompensé pour ses travaux, il a rédigé une vingtaine de livres sur l’agronomie tropicale.

 

 

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Les Derniers Sauvages de Max Radiguet

Conseillé par Alain Lavelle

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Le livre retrace le récit de l’aventure de Maximilien René Radiguet aux îles Marquises, embarqué à bord de la Reine Blanche en 1841 comme secrétaire de l’expédition dirigée par le contre-amiral Dupetit-Thouars chargé d’arpenter et d’élargir les terres françaises du Pacifique.

Ces îles, qui n’ont cessé d’attirer les navigateurs de tous les continents et de captiver des nomades célèbres -Melville, Gauguin, Segalen, London-, sont le thème principal de cet ouvrage. Livre singulier et remarquable qui met en lumière la vie quotidienne et la beauté des femmes et des hommes vivant sur ces rochers dans un cadre magnifique et sauvage.

 

Ce qu’il convient de souligner, c’est l’approche de l’auteur qui ne révèle aucune supériorité, aucun racisme. Anthropologue curieux, imprégné de la philosophie des Lumières, il découvre « les premiers matins du monde » avec leurs splendeurs mais aussi un univers complexe avec ses guerres de voisinage, ses tapus, ses mœurs anthropophages et ses rituels religieux.

« Locataires immémoriaux de la place », les Marquisiens considèrent les Européens comme des intrus avec qui il convient de commercer et de nouer des alliances afin de dominer les clans adverses. Les officiers, marins et soldats, peu nombreux, rudes, possédant la technique et les armes apprirent à composer et à respecter ces peuplades avec lesquelles, au départ, ils ne partageaient rien. Contraints de mettre en sourdine leurs préjugés, tenus de s’adapter sans se renier, ils finirent par s’accommoder de ces micro-sociétés aux traditions ancestrales immuables totalement intégrées         aux lois de la nature.

Ces chroniques montrent le rôle ravageur des techniques auprès des populations. Elles nous interrogent sur la notion de modernité et de progrès. L’articulation entre la science, l’outillage et le bonheur ne se fait pas sans heurt. Bien-être matériel n’est pas synonyme de bonheur et la rationalité didactique peut déshumaniser l’homme. Le paradis terrestre est une chimère. Pour autant il existe, en dépit des drames, des lieux où règne un semblant d’ordre harmonieux.

Et dans cette publication, quelle est la place de l’art ? Partout et nulle part, dans les vêtements coutumiers, les maquillages, les parures, les armes, les sculptures (tikis), … et bien sûr dans les décors grandioses.

 Une mention particulière est portée sur les tatouages, notamment les tatouages faciaux en spirale et les tatouages géométriques sur le reste du corps. Ces tatouages objets d’une grande fierté expriment la lignée, le statut social, la puissance et le prestige et n’ont cessé d’appartenir à l’imaginaire marquisien.

L’auteur, par ailleurs illustrateur de qualité, a produit de nombreux dessins représentant le quotidien des îliens.

A tous les amateurs de la Polynésie et des aventures marines, je préconise cette lecture qui est un classique de la littérature des découvertes.

*Max Radiguet est un écrivain voyageur et dessinateur. Il est né le 17 janvier 1816 à Landernau et décédé à Brest 7 janvier 1899. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « souvenirs, promenades et rêveries », « le champs de Mars à vol d’oiseau »… et  a écrit d’autres livres sous le nom de Stéphan Rénal.

 

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Voyages chez les Moïs d’Indochine d’Alexandre Yersin

Conseillé par Alain Lavelle

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Alexandre Yersin, médecin-chercheur, d’origine suisse naturalisé français a été un « bienfaiteur de l’humanité ».

Affecté à l’hôpital des enfants-malades en 1887, il intègre aussi l’Institut Pasteur en tant que préparateur. Il participe aux recherches sur la diphtérie et la tuberculose. Dès 1885 il met au point avec Calmette et Borrel un sérum et un vaccin anti-pesteux qu’il testera sur un séminariste de la mission catholique de Canton.

A partir de 1990 il est médecin de bord au service des  Messageries Maritimes où il exerce sur la ligne Saïgon/Manille à bord du Volga, puis sur le Saïgon assurant la liaison Saïgon/Haïphong.

Il consacre son temps libre à explorer les villages autour de Manille et de Saïgon. Esprit curieux, passionné de navigation astronomique et de géodésie, il apprend à se servir du sextant et du théodolite. Dans les années suivantes il se consacre à la création de l’Institut Pasteur de Nha-Trang. En 1902, il dirige la nouvelle école de médecine d’Hanoï.

Explorateur et médecin, il tente une mission de reconnaissance de la chaîne Annamitique. Ce premier échec, non seulement ne le décourage pas mais renforce sa détermination à surmonter les conditions climatiques, la végétation équatoriale luxuriante et hostile, les ethnies visitées plus ou moins réfractaires et une assistance technique insuffisante.

A force de volonté, d’un courage exceptionnel et d’une humanité admirable, il entreprend trois expéditions au cœur de massifs inexplorés. Parfois sans soutien officiel, aidé par quelques Vietnamiens, il ne renonce jamais. Il parcourt des centaines de kilomètres à pied, en barque ou à dos d’éléphant. Il compose avec les chefs de village qui passent une grande partie de leur temps à s’affronter. Médecin désintéressé, à la disposition des populations confrontées à des maladies endémiques, il sauve des milliers de vies en vaccinant et traitant les malades (en particulier contre la variole). Parallèlement géographe et agronome, il trace de nouvelles routes et cartographie les région traversées tout en accomplissant un travail de pacificateur entre les tribus. Ces voyages le poussent jusqu’au Laos.

Ce livre n’est pas un roman, mais un document- carnet de route, exceptionnel, mis à la disposition des autorités et du public qui peuvent découvrir, tant sur le plan humain que scientifique le récit de ses explorations.

Exploit extraordinaire où le scientifique altruiste, par ses contributions dans différentes disciplines, fait partie de ces savants qui se sont dévoués au service du progrès et de la réconciliation entre les peuples.

Aujourd’hui encore, Alexandre Yersin, décédé en 1943, est vénéré au Vietnam comme un héros national.

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Alexandre Yersin  est né le 22 septembre 1863 à Lavaud (Suisse). C’est un médecin-bactériologiste et explorateur principalement connu pour avoir identifié le bacille de la peste. Décédé le 28 Février 1943, il fut nommé, à titre posthume, citoyen d’honneur du Vietnam en 2014.

 

 

 

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L’Express de Bénarès de Frédéric Vitoux

Conseillé par Alain Lavelle

 

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Dans L’Express de Bénarès, Frédéric Vitoux, académicien, nous fait part de sa fascination pour Henry Jean-Marie Levet. Parti à la découverte du poète, étoile filante de la poésie de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, mort à 32 ans, l’auteur non seulement nous fait le portrait d’un personnage fantasque aux tenues et casquettes excentriques, ambivalent, solitaire et introverti, mais il nous plonge aussi dans le Paris des écrivains, poètes, caricaturistes, peintres et journalistes de Montmartre. En compagnie de Léon-Paul Fargue, écrivain, et Francis Jourdain, peintre-graveur et lithographe, le jeune aède, originaire de Montbrison, nous promène dans les rues, les bistrots, les restaurants et les cabarets de Montmartre et Montparnasse.

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Affiche représentant J.M. Levet

Ce fils de famille à l’imaginaire exotique, parti en mission fictive sur recommandation paternelle en Inde, puis vice-consul à Manille et à Las Palmas, n’a cessé de « projeter des éclats contradictoires, au gré des vents, de ses missions, de ses amitiés ou de ses fidélités familiales ».

Influencé par Verlaine, Mallarmé et Rimbaud qu’il admirait, il était sensible aux charmes des voyages en bateau et à la diversité des races et des peuples. Ses articles et ses poèmes ont été publiés dans différentes revues plus ou moins éphémères. Ironique, parfois caustique, raillant l’ordre moral, adepte des « épices exotiques » et d’« impertinences légères et rieuses », il nous distrait en nous faisant rêver.

Personne ne peut être indifférent à ses Cartes Postales, scènes de la vie tropicale qui nous enchantent et nous enivrent. Personnage de Montmartre, désinvolte, à l’allure dégingandée, sans passion amoureuse, Henry J.-M. Levet, cultivé et généreux, a eu une production littéraire minimaliste limitée à quelques courts recueils de poèmes, à un livre fantôme –L’Express de Bénarès– annoncé mais probablement jamais écrit, et un roman improbable retraçant l’histoire d’un homme laid, sans membres, amateur de voyages, concentré sur sa vie intérieure.

Son parcours poétique ne sera qu’une brève parenthèse qui se refermera dès le début de sa carrière consulaire. Ayant rompu ses liens avec Montmartre et avec sa faune, miné par la tuberculose, il consacra ses dernières années à ses fonctions diplomatiques et à lutter contre la maladie.

Poète méconnu au destin déchirant, j’invite les amateurs de littérature et  d’exotisme à découvrir le récit de Frédéric Vitoux et les Cartes Postales. Pour vous inciter à les lire, je vous livre cette strophe extraite de British India :

« Bénarès, accroupie, rêve le long du fleuve ;

Le Brahmane, candide, lassé des épreuves,

Repose vivant dans l’abstraction parfumée… »

 

Frédéric Vitoux, avec qui Alain Lavelle a été en contact, a eu l’amabilité d’ajouter en post-sciptum le commentaire personnel que voici. Nous tenons à l’en remercier vivement.

« Toute recherche littéraire, toute enquête sur un poète, tout voyage sur les traces d’un écrivain voyageur relèvent toujours, de façon plus ou moins avouée, d’un exercice d’introspection. A travers les silences, les secrets, la part d’ombre derrière lesquels se cache la figure si singulière d’Henry J.-M. Levet qui, depuis plus plus d’un siècle, de génération en génération, fascine et obsède quelques centaines de lecteurs, d’admirateurs ou d’happy few,comme disait Stendhal, je crois avoir livré aussi beaucoup de moi-même. Non que je lui ressemble le moins du monde. Mais il m’accompagne depuis si longtemps! Il m’a tant fait rêver! Les rêves sont aussi ce qui vous constitue… »
F.V.

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Frédéric Vitoux, né le 19 Août 1944 est un écrivain et critique littéraire français, auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages dont plusieurs ont été primés (La vie de Céline, Sérénissime, Charles et Camille, La Comédie de Terracina). Il est élu à l’Académie Française le 13 décembre 2001. Il est également officier des Arts et des Lettres et officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

 

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La fonte des glaces de Joël Baqué

Conseillé par Nicole Imbert-Degrave

 

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Louis est veuf.

Depuis la disparition de son épouse, il regarde sa vie s’écouler entre un premier expresso sur le zinc du « Au bien nommé », une halte face à la mer et un deuxième expresso avant d’aller chercher sa demi-baguette chez la boulangère dépressive, d’acheter son journal Var-matin… pour finir endormi le soir devant la télévision.

Bref, Louis déprime ou plutôt déprimait jusqu’au jour où son regard croise celui, immobile, d’un manchot empereur caché au fond d’une armoire flamande dans une brocante.

Sa vie alors bascule, et Louis, petit retraité anonyme de Toulon va aller au bout de sa passion pour le manchot empereur. Il va prendre tous les risques, et lui qui n’a jamais quitté sa ville, va partir pour un voyage extraordinaire en Antarctique. Il va en compagnie d’un Inuit découvrir une tribu de manchots, se faire draguer par l’une de leurs femelles  en chaleur, délirer sur la banquise après avoir mangé de vieux biscuits soviétiques aux vertus hallucinogènes, puis s’envoler pour le Grand Nord canadien à la recherche de chasseurs d’icebergs. Finalement et sans le vouloir il deviendra, après bien des épreuves, une star de la cause écologique.

Mais, je vous laisse découvrir les voyages et les aventures réfrigérantes de notre retraité charcutier.

Ce livre est un vrai moment de détente, plein d’humour et de tendresse. L’auteur, que j’ai eu le plaisir de rencontrer dans le cadre du salon littéraire organisé par « La plume de Léon » est un homme très imaginatif, qui partant d’un sujet peut vous embarquer avec un raisonnement très logique dans une autre dimension totalement délirante. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à accompagner Louis dans ses pérégrinations.

 

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Joël Baqué est un écrivain français né en 1963 à Béziers. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Pré ou Carré », La salle », Aire du mouton »…

 

 

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1Q84 de Haruki Murakami

Conseillé par Daniel Sueur

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Un drôle de titre, pour un livre quelque peu déroutant, entre histoire d’amour, polar et fantastique.

Par le grand écrivain japonais, idole dans son pays, et lu dans le monde entier.

Un livre exceptionnel : trois tomes pour un seul roman, ce n’est quand même pas courant. Et un vrai plaisir de lecture même si le récit est par moment assez déstabilisant (mais quand on parle de fantastique, il faut bien s’y préparer…)

 

Il s’agit donc, et avant tout, d’une histoire d’amour entre Tengo et Aomamé. Le premier est prof de maths, Aomamé est à la fois kiné et prof d’arts martiaux, et elle a développé une technique de self-défense radicale.

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Une histoire d’amour qui va se dérouler dans un contexte culturel complexe dans lequel Murakami revient sur l’un de ses thèmes habituels : la religion comme force négative qui vient s’opposer à la réalité et aux choses naturelles de la vie.

Un léger reproche peut-être : de nombreuses digressions, autant de prétextes pour l’auteur de montrer sa vaste culture.

Un style très fluide, l’occasion ici de rendre hommage à la traductrice qui a réussi à surmonter les difficultés du japonais lorsqu’il s’agit de le traduire, puis de l’interpréter, tout en conservant le contenu culturel propre de la langue.

 

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Je recommande à cet égard le livre-audio qui se termine par une interview d’Hélène Morita qui aura passé plusieurs mois à la traduction française du livre.

Ce livre-audio aura enchanté (sans doute le mot le plus approprié) les nombreuses heures de randonnée journalière que je pratique dans notre belle contrée.

 

 

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Haruki Murakami

Haruki Murakami est un écrivain japonais contemporain né à Kyoto le 12 janvier 1949.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont « Kafka sur le rivage », « Ecoute le chant du vent », « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil »…. A reçu  plusieurs prix littéraires.

 

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TAMATA et L’ALLIANCE de Bernard Moitessier  

conseillé par Alain Lavelle

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Pour tous les amateurs de grands espaces et d’aventures marines, je recommande le livre de Bernard Moitessier : TAMATA et L’ALLIANCE (publié chez Arthaud).

Ce ne sont pas seulement les mémoires d’un navigateur insatiable mais aussi le cheminement d’un homme avec ses folies, ses rêves et ses souffrances.

Homme plein d’humanité, amoureux de la nature, qui en 1968 participe à la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Ce premier tour du monde en solitaire n’aura pas de fin puisque négligeant le gain de la victoire, il en entreprendra un second sans s’arrêter, et écrira:

« Je continue pour sauver mon âme »

Dans ce récit qui est le parcours de sa vie Bernard Moitessier décrit son enfance en Indochine dans un village du golfe du Siam. Il entend dans ces paysages magiques l’appel de la mer et découvre aussi les horreurs de la guerre.

Marin inexpérimenté, il part à bord de sa jonque Marie-Thérèse. C’est le début d’un long apprentissage et d’un périple qui durera de longues années, ponctué d’avatars, d’imprévus et d’exploits à travers les océans, les continents et les îles.

Etant moi-même amateur de traversées océaniques, accro aux voyages et à la recherche du mouvement perpétuel, j’ai aimé cette histoire d’homme pour qui la liberté et la capacité de l’être humain de métamorphoser ses rêves dans une réalité concrète sont un impératif absolu non négociable. Il nous rappelle à tous que nous sommes seuls responsables de notre destin.

Bernard Moitessier

 

TAMATA et L’ALLIANCE est terminé en juillet 1993 à Raiatea

Bernard Georges Moitessier est né le 10 avril 1925 à Hanoï et décédé le 16 Juin 1994 à Vanves

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