Le Pérou (épisode 1)

Par Claude Provenat.

Au 16ème siècle Pizarro, pour le compte du roi Charles Quint, s’empare de l’Empire Inca par la ruse, la violence et la félonie. Il pille les richesses, or, argent…

Cinq siècles plus tard, soit en 2009, neuf Français partent pour le Pérou. Ce n’est pas l’or qui les fascine mais la connaissance d’un pays au passé prestigieux, aux paysages multiples, de la côte sableuse et désertique à l’altiplano avec ses vents parfois violents, la cordillère blanche dont le point culminant est Huascarán à 6 768 m. Derrière cette cordillère blanche, l’Amazonie. Sans oublier sa faune et sa flore.

Notre périple à travers le pays est prévu du 3 septembre 2009 au 29 septembre 2009. Il se déroulera en trois temps :

  1. Découverte du pays
  2. Chemin de l’Inca
  3. La cordillère blanche

Découverte du pays

A Lima nous prenons à 6 h 15 mn le car pour nous rendre à Paracas. Le car est très confortable. Première surprise, une hôtesse nous apporte un plateau repas.

Paracas est une petite ville de pêcheurs plutôt déserte, avec une activité principalement touristique car elle est le point de départ des excursions vers les  îles Ballestas. Cependant, sur la place principale se trouve un monument très intéressant en forme de voile. Ce monument est dédié au Général San Martin avec comme Epitaphe : « Y A LA EXPEDICION LIBERTADORA ».

Au XIXème siècle, le Général San Martin, d’origine argentine, combat les Espagnols et donne l’indépendance à trois pays : l’Argentine, le Chili et le Pérou. Il sera nommé « protecteur » du Pérou, et gouvernera le pays pendant un an.

Départ pour les îles Ballestas qui constituent une réserve ornithologique grâce à la quantité de poissons présents dans les eaux froides.

En chemin, sur une île, nous contemplons un immense géoglyphe de 180 m de long sur 70 m de large en forme de chandelier.  Est-ce la même origine que les dessins de Nazca ?

Les géoglyphes de Nazca (ou Nasca), appelés communément lignes de Nazca, sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent d’animaux stylisés, parfois de simples lignes longues de plusieurs kilomètres, visibles dans le désert de Nazca dans le sud du Pérou. 

Découverts en 1927, ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-inca qui se développa entre 300 avant J. C. et 800 de notre ère. Ils ont été réalisés pour la plupart entre -200 et 600.

(source Wikipédia)

Plus loin nous sommes accueillis par un éléphant de mer, puis par les oiseaux. Des milliers d’oiseaux tournoient au-dessus de nos têtes. Sur les rochers on peut observer des manchots, des pélicans, des cormorans, des sternes et bien d’autres espèces.

Lorsque nous approchons des îles l’air devient irrespirable. La cause en est l’odeur de l’ammoniaque qui se dégage du guano recouvrant les rochers sur plusieurs mètres de hauteur. Ce guano est ramassé tous les sept ans.

Après cette visite, départ pour la ville d’Arequipa. Elle est située à 2 350 m d’altitude et entourée de trois gros volcans culminant entre 5 660 m et 6 057 m.

Comme toutes les villes édifiées par les Espagnols en Amérique latine, elle suit un schéma architectural classique. Une place centrale (place d’armes), sur les pourtours les bâtiments principaux : église, bâtiments administratifs, marché. Les rues partent de cette place en damier.

L’édifice le plus imposant est le couvent Santa Catalina construit au XVIe siècle et s’étendant sur plus de 2 hectares.

Il a une disposition très particulière, il est en effet constitué de nombreuses ruelles, de maisons pour les nonnes, de jardins et de parcs.

Au marché couvert nous découvrons une spécialité : du jus de grenouille. Les grenouilles sont écrasées, un jus en est extrait. Selon le commerçant ce jus est bon contre les maladies. Personne n’a voulu le goûter !

D’Arequipa nous partons en direction du canyon de Colca en passant par le col Patapampa à 4 800 m. Dans le groupe des personnes commencent à sentir l’altitude se traduisant par des maux de tête. Au col le sol est couvert de cairns (amas artificiel de pierres placés à dessein pour marquer un lieu particulier). Ces cairns sont édifiés par les chauffeurs en remerciement à la Pachamama (déesse terre considérée comme la mère de tous les êtres vivants) de les avoir protégés pendant la montée.

En cours de route nous rencontrons des troupeaux de lamas, d’alpagas. Sur l’altiplano nous avons la chance de voir un troupeau de vigognes.

Le lendemain nous partons très tôt pour nous rendre au canyon de Colca. Le canyon est long de 100 km, a plus de 3 191 m de profondeur par endroit.

Dans le premier village, à 6 h 30 mn nous sommes accueillis par les villageois au son de la musique. Ils nous présentent des danses folkloriques ainsi que des oiseaux apprivoisés et tout spécialement des rapaces. Que ne fait-on pas pour avoir un peu de revenus ! Après cet intermède, direction la Cruz de Condor. De là, nous pouvons admirer au lever du soleil l’envol des condors qui profitent des ascendants

Nous poursuivons notre route sur l’altiplano dont l’altitude moyenne est de 3 300 m en direction de Puno et du lac Titicaca à 3 830 m .

Notre croisière sur le lac Titicaca s’arrête en premier lieu aux îles Uros. Ces îles flottantes sont construites en totora, un roseau qui pousse en grandes quantités sur le lac. A l’origine les Uros ont construit ces îles pour se protéger des Incas.  Les îles d’une épaisseur d’environ 80 cm sont soutenues par des poteaux en bois d’eucalyptus pour les empêcher de dériver. Sur cet espace tout est construit avec le totora, maisons, mobiliers, bateaux.

Notre croisière se poursuit jusqu’à l’île de Taquile, île où les hommes tricotent. Après 20 mn de marche nous atteignons le village qui se trouve au sommet de l’île.

Le savoir-faire de Taquile est une des plus anciennes traditions du Pérou. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Dès le plus jeune âge tout le monde y participe. Les femmes filent la laine, les hommes et les enfants tricotent. On y porte toujours le costume traditionnel : les femmes sont généralement habillées en rouge et noir et les hommes en noir et blanc. Les habitants ne parlent que le quechua

Pour le retour, le bateau se prend de l’autre côté de l’île. Pour ce faire, descente par un escalier de plus de 500 marches escarpées…

Nous reprenons notre périple au travers de l’Altiplano avec ses paysages extraordinaires pour nous rendre à Cuzco en passant par Pukara où nous pouvons admirer les céramiques ocres, le col de la Raya où nous changeons de chauffeur car nous quittons la région de Puno pour celle de Cuzco.  

Le voyage se poursuit par la visite des ruines de Raqchi ou temple de Wiraquocha. Cette ancienne cité inca comporte de nombreux greniers à grains. Notre guide nous informe qu’il y a plus de 150 greniers où les Incas stockaient les denrées. Ils sont de forme circulaire de huit mètres de diamètre en pierre volcanique et recouverts d’un toit en paille. Le climat de Raqchi permettait une longue conservation.

D’autres vestiges tels que maisons et restes de pans de mur du temple sont visibles.

Près de Cuzco nous faisons une halte au village Andin d’Andahuaylillas pour visiter sa chapelle sixtine. Cette chapelle datant du XVIIe siècle présente une façade modeste blanche sans prétention, alors que l’intérieur est un feu d’artifices de détails, couleurs, dorures.

Nous voici à Cuzco, situé à 3 326 m d’altitude. Il existe une légende sur sa fondation, je la cite :

« Ce jour-là, le ciel ressemblait à un miroir resplendissant et Viracocha invita tous les astres à le suivre sur les rives du lac Titicaca pour assister à la création du monde. A sa demande, la Lune (qilla) surgit des flots, suivie par le Soleil (inti) et les étoiles (wara). « O Pachamama (terre-mère), fais naître de ton ventre sacré l’homme et la femme, en hommage à Pachacamac, le Gardien du monde », s’écria le Soleil. De l’eau écumeuse naquirent Manco Cápac, un bâton d’or à la main, et sa sœur-épouse Mama Ocllo, les deux premiers Incas. Ils marchèrent vers le nord-ouest jusqu’au lieu où le bâton s’enfonça tout entier dans la terre, signe qu’elle était assez fertile. Ainsi naquit Cuzco, « nombril du monde », centre de l’empire[1]« .

En réalité, l’origine de Cuzco remonte bien plus loin. Le site était déjà occupé depuis 1000 ans avant J.-C. La ville est aujourd’hui considérée comme la plus ancienne du continent américain.

Le cœur historique est la place d’armes entourée de l’imposante cathédrale, avec ses  arcades de pierre. Tout proche figure le quartier de San Blas et la pierre au douze angles parfaitement taillés

De l’époque inca il ne reste plus rien, les Espagnols ont tout pillé, détruit. Dans une rue, près de la cathédrale, des restes de murs incas servent de soubassement à des immeubles.

Nous nous rendons sur les sites érigés autour de Cuzco :

Le premier site, la forteresse de Sacsayhuamán, est impressionnante par ses trois grands murs faits de pierres assemblées sans mortier avec un ajustement parfait. Certaines pierres mesurent six mètres de haut et pèsent plus de 100 tonnes.

Il s’agit d’un exploit technique et humain pour leur transport, quand on sait que les Incas ne connaissaient pas la roue, ni la traction animale, pour leur taille d’une très grande précision, pour leur mise en place.

Q’enqo. Le site de Q’enqo est un labyrinthe de canaux en zigzag. Une pierre plate est placée au centre à la manière d’un autel.

Tambomachay Il s’agit là d’un site où l’on peut admirer la maîtrise qu’avaient les Incas pour édifier des canaux et créer des chutes d’eau.

Mais l’aventure continue, puisque nous allons partir maintenant sur le chemin de l’Inca…

[1]Cusco (Pérou) : le nombril du monde (tourdumonde5continents.com

6 commentaires sur “Le Pérou (épisode 1)

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  1. Quel magnifique périple, et à la vue des trésors incas, on ne peut qu’une fois de plus regretter que l’invasion des conquistadors espagnols ait réussi en quelques années à mettre à genoux une civilisation et à en effacer les traditions vieilles de plusieurs siècles. Merci Claude pour ce premier aperçu du Pérou et maintenant, j’attends avec impatience la suite…

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  2. Durant toute la lecture de votre périple, j’étais à nouveau partie en Amérique du Sud que j’affectionne particulièrement, je ne connais pas encore le Pérou mais votre récit de voyage me donne envie. Merci.

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  3. Voyage éblouissant et truffé de véritables pépites qui en mettent plein la vue aux lecteurs. J’ai partagé l’émotion et l’admiration pour ce pays en vous suivant dans votre périple. Merci, Claude, et bravo pour ce magnifique reportage dont il me tarde de lire la suite.

    Aimé par 2 personnes

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