Un sourire sur la pierre

par Alain Michel                                      

Troisième et dernière partie

 

Le charme d’Angkor :

 

Angkor est immense et il est possible de s’y promener des jours entiers sans en avoir fait le tour.

On découvre des pyramides imposantes gardées par des lions et des éléphants de grès, des sanctuaires perdus dans la jungle, gardés par des serpents de pierre, et auxquels on accède en traversant des parapets bordés par des géants .

A la beauté des ruines s’ajoute la végétation luxuriante de la forêt et la douceur des lacs et des plans d’eau.

Pour le visiteur contemplatif c’est une promenade magnifique. Pour les férus de culture c’est une bibliothèque à ciel ouvert.

On peut la visiter en érudit, un livre à la main ou accompagné d’un guide avec le risque de passer à côté de l’essentiel en ne prenant pas le temps de se pénétrer de la beauté des lieux.

Pour être touché par la majesté du site, il suffit de marcher en prenant son temps.

Il faut s’imprégner de l’atmosphère intimiste des lieux pour se trouver en harmonie avec leur monde minéral.

Il faut s’aventurer dans les dédales des terrasses, se perdre dans les couloirs, suivre de mystérieux labyrinthes où les jeux d’ombre et de lumière guideront vos pas.

Vous pourrez parfois découvrir de sombres alcôves où, à la lumière des bougies, des fidèles ont toujours coutume de vénérer leur dieu dans les vapeurs embrumées d’encens donnant à la chapelle une ambiance mystique.

Il faut savoir monter des escaliers usés par les pas du passé , arpenter les galeries et découvrir une devata parfois cachée dans un creux de mur, parfois à demie effacée par l’érosion et admirer en s’approchant les traits de son visage fin qui se cachent et se dévoilent au fur et à mesure de vos pas.

Il faut se perdre dans ces temples aux pierres disloquées où le sol est jonché de blocs de pierres donnant l’impression que le sanctuaire a été victime d’un cataclysme l’ayant réduit à l’état de chaos.

Il faut se laisser envoûter par la lutte titanesque entre la pierre et la nature où les monstrueuses racines des fromagers enserrent tours et portes comme les tentacules d’une pieuvre géante et où les racines serpentines des banians coulent sur les murs, étranglant dans leur étau sanctuaires et pavillons entiers.

4

Découvrir Angkor, c’est ressentir un moment d’authentique sérénité, c’est vivre des instants précieux d’intense plaisir visuel.

Découvrir Angkor c’est prendre conscience que la beauté et l’intelligence sont capables de traverser les âges.

Lorsque, assis sur les pierres chaudes d’un temple en regardant le soleil se coucher sur la plaine d’Angkor, les visages de pierre des danseuses et des bouddhas et leur sourire éternel reviendront encore habiter vos pensées comme autant d’apparitions, vous pourrez méditer alors dans ce petit moment d’éternité ces mots écrits par Victor Hugo :

 

  » Il suffit d’un sourire pour que l’âme entre dans le palais des rêves « 

 

5

 

…et pour poursuivre encore le rêve et le plaisir des yeux, laissons nous de nouveau, le temps d’un instant, prendre par la magie d’Angkor.

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9 commentaires sur “Un sourire sur la pierre

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  1. De la poésie en prose à l’état pur illustrée par une végétation luxuriante enserrant des monuments grandioses ! un vrai plaisir de lecture et de découverte.

    Aimé par 3 personnes

  2. Se perdre,…pour se retrouver! Dans ce dédale de pierres sculptées et de racines menaçantes, c’est une fois encore une belle opportunité pour se replonger dans ce qui fut une grande et éphémère civilisation. Merci à Alain de nous avoir transportés au-delà des simples pages d’un guide touristique.

    Aimé par 3 personnes

  3. Merveilleux ! Envoûtant ! Je regrette que ce troisième article soit le dernier de la série, tant j’aurais voulu encore poursuivre le voyage.
    Un grand merci Alain pour nous avoir transportés avec autant de poésie parmi toutes ces divinités au sourire si serein

    Aimé par 2 personnes

  4. Je me joins très sincèrement au chœur des louanges qui te sont dédiées, Alain.

    Pour cette troisième partie, j’apprécie ta comparaison des banians, arbres sacrés millénaires, à des « pieuvres géantes » et j’agrée à cette réflexion « …la beauté et l’intelligence sont capables de traverser les âges » car elle ne vaut pas que pour Angkor !

    Encore une fois, des questions : que représentent ces géants que tu mentionnes et qui figurent sur une photo de Angkor Thom (2e partie) – des gardiens sans doute ? et s’il existe UN livre passionnant pour approfondir et prolonger ce voyage, quel est-il ? Merci pour tes réponses.

    Aimé par 2 personnes

  5. la chaussée franchissant les douves est bordée de balustrades formées par un alignement de 54 géants de 3 m de hauteur représentant les dieux ( devas) aux regards bienveillants à gauche et les démons (asuras) au visages grimaçants à droite.Tous tiennent dans leurs bras le corps d’un naga à 7 têtes à la manière de tireurs à la corde.
    Ces géants sont les gardiens de la cité.Le Naga représente l’arc en ciel, pont symbolique entre le monde des hommes et la demeure des dieux.Leur nombre de 108 et sa réduction numérologique 9 est un nombre sacré dans la cosmologie et la mythologie hindoue et bouddhiste.

    Chère Danielle,je te recommande le livre de Claude JACQUES et Michael FREEMAN :
    – Angkor ,résidences des dieux aux éditions Olizane
    pour continuer le voyage et mieux comprendre la magie de ce site .Bonne lecture;

    Aimé par 3 personnes

  6. Passionnantes cette opposition dieux et démons sur un pont, cette symbolique du nombre qu’on retrouve dans l’art roman et, en prime, un arc-en-ciel pour rêver à un monde meilleur béni des Dieux … Je suis impatiente de feuilleter ce livre que je viens de commander !

    Aimé par 2 personnes

  7. Cette troisième partie est vraiment l’apothéose. Le style très poétique, les photos de toute beauté et les termes soigneusement choisis pour décrire à la perfection le site d’Angkor nous emportent en quelque sorte dans un autre monde, comme sur une autre planète et nous laissent ébahis, admiratifs et curieux d’en savoir davantage. Le lecteur ne peut que tomber sous le charme des lieux. Un grand merci, Alain, et félicitations pour cette belle performance.

    Aimé par 2 personnes

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