« Longtemps, j’ai donné raison à Ginger Rogers »

 

par Alain LAVELLE                                     

 

Dans son dernier livre publié par les éditions Grasset « Longtemps, j’ai donné raison à Ginger Rogers », Frédéric Vitoux nous livre, avec pudeur et sans narcissisme déplacé, ses mémoires. C’est un véritable voyage intérieur, au cours duquel il décrit, dans une belle écriture et une liberté de ton, ses doutes, ses blessures et ses espérances. Grâce à ce parcours initiatique de l’enfance à l’âge d’homme, nous découvrons sa personnalité intime. Curieux de tout, à l’esprit ouvert et sensible à l’autre, il nous fait aimer avec humour sa passion pour le cinéma et la littérature. Son existence d’écrivain-journaliste et sa profonde honnêteté intellectuelle font qu’il ne triche ni avec les faits ni avec ses souvenirs, heureux ou malheureux. Il n’efface pas le passé ‘’pétainiste mais honnête de son père’’ pas plus qu’il ne gomme les difficultés financières de sa famille bien qu’elle vive dans un magnifique appartement quai d’Anjou acheté par son grand-père, médecin cultivé et touche-à-tout. Dans un environnement bourgeois, à cheval sur les principes moraux et éducatifs, il nous fait découvrir, sans amertume, le monde clos des riches, condescendants avec ceux qui se battent sans fortune pour survivre dignement. Lecteur attentif, j’ai apprécié ces longues chevauchées en 2CV vers le sud-est ou plus rarement vers le sud-ouest mais aussi ses affinités sportives et son admiration pour les guerriers du XV de France de sa jeunesse. Ses références à nos premières victoires rugbystiques contre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande ainsi qu’à des joueurs prestigieux comme Momméjat, Mias, Rancoule, Danos, les frères Boniface… et autres gloires me parlent ;  « Le Combat du XV de France  » est une véritable épopée héroïque qu’il assimile à l’Iliade d’Homère. Proche de Denis Lalanne et d’Antoine Blondin, il partageait leur enthousiasme pour le sport et la littérature. Mais cette autobiographie est d’abord une ode à l’amour de sa vie : son épouse Nicole, femme exceptionnelle, libraire engagée ayant participé aux aventures littéraires et philosophiques de la deuxième partie du XXème siècle. Discrète et attentive, elle l’a constamment soutenu dans ses épreuves et dans son œuvre.

Prenez donc le temps de lire ‘’Longtemps, j’ai donné raison à Ginger Rogers’’. Je suis certain que vous découvrirez avec un réel plaisir l’homme et l’écrivain, auteur de nombreux romans et essais auréolés de plusieurs prix littéraires.

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