Mon voyage au centre de la Terre

 

par Danielle Morau           

 

A vrai dire, mon voyage ne s’est pas déroulé tout à fait au cœur de notre planète… seulement dans les reproductions des grottes Chauvet et Lascaux ! Mais c’est déjà un beau périple.

 

La grotte Chauvet se trouve dans l’Ardèche, à flanc d’une falaise calcaire surplombant le site naturel du Pont d’Arc. Les peintures datent de 36 000 ans et se répartissent dans de vastes salles remplies de concrétions remarquables : stalactites, stalagmites, draperies, pendants (un pendant correspond à plusieurs stalactites voisins accolés). L’entrée de la grotte de Lascaux se trouve au sommet d’une colline calcaire, en Dordogne. Les parois d’étroits couloirs et d’une grande salle sont ornées de dessins exécutés il y a 18 000 ans.

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Chauvet : concrétions du couloir Carole

Il serait bien téméraire de prétendre aujourd’hui deviner pourquoi ces grottes ont été choisies par les artistes. Techniquement elles présentent en tout cas l’avantage d’avoir des surfaces légèrement ondulées, à portée de main, ce qui leur a permis de peindre à la lueur de torches à Chauvet ou de lampes à huile à Lascaux, 18 000 ans plus tard.

 

Des animaux partout

Nos ancêtres ont dessiné un bestiaire impressionnant, tant par le nombre d’animaux que par la diversité des espèces. A Chauvet, 425 animaux sont représentés : félins, ours, bisons, rhinocéros, mammouths, lions des cavernes, mégacéros, chevaux, mais aussi une hyène (représentation unique en Europe) et un hibou (unique au monde). A Lascaux, taureaux (aurochs), vaches, cerfs, bisons et chevaux sont prépondérants … On y rencontre aussi un animal étrange à deux grandes cornes, appelé bien à tort « licorne », car celle-ci est un animal fabuleux présentant une seule corne au milieu du front.  Les animaux se présentent tous de profil. Exception est faite pour le grand-duc que nous voyons de dos (voir ses ailes repliées), sa tête en revanche est de face (cet oiseau peut en effet la tourner de 180 degrés pour regarder en arrière).

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Chauvet, le grand-duc (hauteur : 60 cm)
n°4 ours et hyène
Chauvet, l’ours amaigri par l’hibernation et la hyène tachetée
n°5 licorne
Lascaux, la « licorne » située à l’entrée de la salle des Taureaux, en fin de cortège

Une incroyable habileté artistique et technique

Les formes stylisées des animaux saisissent leur essence et leur donnent vie. Elles peuvent être aussi très précises par des détails anatomiques (par exemple la forme du front de l’ours amaigri qui se trouve au-dessus de la hyène tachetée). Chaque animal est saisi dans un moment de vie : un cheval en colère souffle par les naseaux, un bison court sur ses huit pattes, des rhinocéros affrontés se battent à Chauvet ; un cheval tombe dans le précipice, des bisons adossés viennent de se croiser à Lascaux.

n°6 chevaux
Chauvet, les quatre chevaux
n°7 bison 8 pattes
Chauvet, le bison au galop (pattes et dos démultipliés)
n°8 rhinocéros affrontés
Chauvet, le combat des rhinocéros
n°9 cheval qui tombe
Lascaux, le cheval tombant dans le précipice
n°10 bisons adossés
Lascaux, les bisons se croisant

L’utilisation des reliefs de la caverne est systématique : un ventre dans un renflement, une corne dans une fissure. Mieux encore, la ligne ondulée tracée sur la robe du cheval blanc ci-dessous correspond exactement à l’ombre du bas de la draperie qui le surplombe ! Elle figure la zone de partage entre les deux couleurs de cette robe.

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Chauvet, cheval blanc suivi par deux mammouths

Peindre sur de telles surfaces est extrêmement périlleux : elles ne sont pas planes, toute retouche est impossible. Par ailleurs les conditions techniques (éclairage, obtention des colorants…) sont difficiles à cette époque.

Les dessins montrent donc une habileté des artistes absolument inouïe : aucun repentir n’est décelable, les proportions sont respectées, la tridimensionnalité de la surface est utilisée de façon souvent géniale.

 

Une composition d’ensemble

Les animaux peuvent être isolés ou groupés. Cependant, ce qui semble multiplicité peut aussi être unité. Ainsi les quatre chevaux de Chauvet (voir supra) représentent sans doute le même animal à divers moments car il est peu vraisemblable de trouver réunis dans la nature, à un moment donné, un cheval calme, un cheval agressif, un cheval au repos, un autre qui hennit.

n°12 mouvement rhinocéros
Chauvet, les rhinocéros avec une bande noire ventrale inexplicable

Il en est de même pour les rhinocéros de Chauvet. La multiplication des cornes et des lignes de dos superposées donne l’image du troupeau. Une autre interprétation est possible : l’artiste aurait figuré les phases successives du mouvement de tête d’un seul animal.

Par ailleurs, les dessins ne sont pas toujours isolés, mais forment aussi des compositions d’ensemble dans de grandes fresques saisissantes dans leur harmonie et leur force d’expression.  La fresque des taureaux de Lascaux multiplie les aurochs mais aussi les cerfs ; la fresque de la salle du fond à Chauvet présente 92 animaux sur une paroi de 15 mètres de longueur.

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Lascaux, la salle des Taureaux et sa fresque en demi-cercle
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Chauvet, la salle du fond et sa grande fresque en triptyque

Dans la grotte Chauvet, plusieurs fresques animales sont disposées en triptyque grâce au relief des parois, à savoir une paroi plate suivie d’une alcôve puis d’une paroi plate. Pour les deux grottes, on est frappé de voir comment le génie de l’artiste a su mettre en harmonie son œuvre avec le support minéral …

 

Les couleurs

Qu’en est-il du jeu des couleurs ? A Chauvet, les salles peintes les plus proches de l’entrée originelle sont dotées de peintures rouges, puis la couleur noire est adoptée. Seules de rares peintures mélangent un peu le rouge et le noir. Cette répartition spatiale des couleurs semble intentionnelle. Il en est tout autrement à Lascaux (18 millénaires plus tard) : les artistes ont ajouté l’ocre au rouge et au noir, ils marient ces couleurs dans la même représentation. Dans les deux cavernes, les artistes ont utilisé une pâte provenant de l’altération du calcaire (lait de lune, mondmilch) pour dessiner avec les doigts mais le résultat est très fragile car une atmosphère plus sèche dans la grotte réduit cette pâte en poussière et le dessin disparaît à jamais.

 

L’environnement

Dans les deux grottes, aucune plante, aucun arbre, aucun paysage, aucun astre n’est dessiné. Le sol est suggéré par le bas du rocher. C’est le cas pour le hibou de Chauvet (voir supra) qui se tient sur une branche invisible et pour les cerfs de Lascaux qui semblent nager la tête hors de l’eau.

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Lascaux, la frise des cerfs nageant

Et l’homme ?

On le trouve au plus profond des deux grottes et sous une forme hybride.  A Chauvet, à l’arrière d’un pendant de la dernière salle, situé à gauche du plus grand triptyque, on découvre une femme-lionne avec un homme-bison ; à Lascaux, l’homme-oiseau se cache au fond d’un puits. La présence humaine se manifeste par les peintures de pubis, mais aussi de mains positives ou négatives à Chauvet. L’être humain n’est jamais dessiné en totalité et avec exactitude, alors que les animaux le sont parfaitement, même s’ils sont stylisés. Ce choix est donc délibéré, ce qui laisse pressentir une volonté symbolique dans cet art pariétal. En outre, tantôt la main est entière, tantôt c’est la paume enduite de peinture qui laisse sa trace sous la forme d’un point, donc d’un signe.

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Chauvet, le grand pendant du sorcier dans la salle du fond
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Lascaux, la scène du puits
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Chauvet, une main négative sous un trait noir esquissant un mammouth

Des signes omniprésents

Dans les deux grottes, les signes sont très nombreux, environ 2000 à Lascaux. En plus des points, d’autres signes existent soit de manière unique, soit de manière répétitive.

Est unique à Chauvet un demi-cercle de points rouges tandis qu’une sorte de signe ressemblant à la lettre grecque oméga existe en plusieurs endroits de cette grotte.

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Chauvet, le signe en forme d’oméga signifie-t-il « mammouth » ?
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Chauvet, les défenses du mammouth, vues de face

A Lascaux, des traits ressemblant à des flèches, des traits géométriques ressemblant à des pièges sont très souvent figurés.

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Lascaux, le cheval jaune entouré de flèches ( ?) et d’un piège ( ?)
n°22 vache noire et signes
Lascaux, la vache noire au-dessus de signes quadrangulaires

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Lascaux, détail d’un signe quadrangulaire mystérieux

Pourquoi l’homo sapiens a-t-il orné des grottes ?

 Confronté à ces représentations géniales et à tous ces signes dont le sens lui échappe, l’homme moderne que nous sommes se pose mille questions. Difficile, oui impossible, de croire à des fantaisies d’artiste. S’agit-il d’un langage qui, comme les hiéroglyphes, nous permettrait de comprendre l’art pariétal préhistorique ? Les signes seraient-ils une forme d’écriture ? Les dessins raconteraient-ils une histoire ? Cela suppose une volonté de communication intergénérationnelle et une capacité d’abstraction. Les études précises d’André Leroi-Gourhan complétées par celles d’Alain Testart prouvent que l’homo sapiens a organisé signes et dessins de manière symbolique. Malheureusement, nous ne savons pas encore déchiffrer ces symboles et diverses thèses sont émises.

 

Pour l’abbé Henri Breuil, la figuration des animaux favoriserait leur capture. Cette magie pour la chasse serait liée aux pouvoirs des esprits supposés présents dans les profondeurs de la Terre. Cependant, ce ne sont pas les animaux les plus chassés qui sont représentés sur les parois et les signes ressemblant à des flèches n’en sont sans doute pas : par exemple le bison blessé de la scène du puits perd ses entrailles mais la flèche n’a pas transpercé son corps.

 

L’hypothèse chamaniste soutenue par Jean Clottes fait état d’artistes-chamans qui communiquent avec des esprits ayant une forme animale en les reproduisant sur les parois pour dialoguer. Une autre thèse, proche du chamanisme, s’appuie sur le totémisme : le totem est un parent du clan qui communique avec lui dans les rêves. Ce totem peut être un animal, un végétal ou un hybride homme-animal. Cela correspond bien à l’homme-oiseau de Lascaux et aux deux êtres hybrides du pendant de Chauvet. En outre, à Chauvet, toute une salle est remplie de bauges pour l’hibernation des ours et, plus loin, dans une autre salle, sur une pierre de forme particulière, un crâne d’ours a été posé par la main de l’homme…  Toujours à Chauvet, un rocher a été retouché pour mieux faire apparaître le hibou de 2 mètres 30 qu’il évoque : encore une pièce unique au monde ! L’oiseau, le lion, le bison, l’ours et le hibou pourraient-ils être des totems de clan à des moments différents de cette lointaine époque ?

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Chauvet, l’autel du crâne d’ours
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Chauvet, le hibou sculpté par la nature et retaillé sur l’épaule par l’homme

Pour Valérie Lécrivain,  « la grotte est femme » : du fonds de l’utérus, figuré par les couloirs  de la grotte, et du ventre, représenté par la salle, va sortir un être vivant. Ce serait ainsi un hymne à la fécondité qui est chanté dans le silence des profondeurs. En outre, selon Alain Testart, les formes généreuses des « Vénus » sculptées par l’homo sapiens se retrouveraient, stylisées, dans les signes peints sur les parois. Pour ma part, je trouve ses démonstrations convaincantes mais trop complexes pour les développer ici.

 

Chauvet et Lascaux : œuvres du génie de l’homme

Toutes ces théories et explications ont leur justification et … leurs limites. Elles éclairent des aspects des grottes ornées, mais elles ne peuvent pas éclaircir le mystère qui s’en dégage. Il en est ainsi de toute œuvre géniale de l’esprit humain : elle parle d’elle-même. Plus on l’étudie pour et par elle-même, plus elle devient signifiante.

Des grottes Chauvet et Lascaux souffle encore puissamment le génie de nos ancêtres, mais subsiste cette question existentielle : d’où vient donc ce souffle ?

 

Pour aller plus loin:

Art pariétal : la préhistoire de l’Art (58 minutes)

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-jeudi-25-avril-2019

12 commentaires sur “Mon voyage au centre de la Terre

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  1. Mettre en regard Lascaux et Chauvet, c’était la bonne idée. Bravo Danielle pour cet excellent article qui, dans l’un et l’autre cas, nous met face à une forme de génie de nos ancêtres. Les photos sont belles et précises, elles permettent d’apprécier l’inventivité de nos artistes, elles permettent aussi de rêver sur la vie telle qu’elle pouvait être, non seulement il y a 18 000 ans, mais encore 18 000 ans plus tôt! quelque chose de fascinant…

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  2. Tous mes remerciements, Daniel, pour ce commentaire qui m’offre l’occasion de « rebondir » sur deux points. D’abord, sur la vie de nos ancêtres, voici une question que je n’ai pas soulevée dans cet article : comment comprendre que l’art pariétal n’a pas évolué davantage en 18 millénaires même si l’on sait que le dernier millénaire marque une accélération exponentielle et exceptionnelle des techniques, des arts, de la vie de l’homme ? Ensuite, au sujet des photos, j’ai dû « fouiner » dans tous les coins pour trouver les bonnes photos : je regrette que les visites guidées dans ces deux reproductions artificielles interdisent toute photographie, sauf dans l’Atelier de Lascaux mais, avec les spots, c’est difficile d’avoir un résultat digne d’être publié…

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  3. Bravo ! Passionnant, précis et très instructif. Je suis allé à Chauvet, qui m’a bouleversé, et j’ai appris beaucoup de choses dans cet article. La partie picturale est très bien choisie et fidèle à la visite. Indispensable ! Mais l’article aurait dû s’appeler « Voyage au centre de l’humain ». 🙂

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  4. Beau voyage initiatique qui met en valeur la peinture comme une parfaite expression de la pensée de l’homme et de ses correspondances avec les génies de la nature.

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  5. Je suis très sensible aux hommages masculins mais j’espère que les dames ne vont pas tarder à se manifester ! Merci à Hugo et à Alain qui ont apprécié mon modeste article que j’ai voulu simple et court. Mon titre est accrocheur, je le reconnais, car il fait écho à Jules Verne alors que je traite en fait de l’art pariétal et des hommes. J’assume mon choix !

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  6. Quelle richesse historique et picturale que ces deux grottes, l’article m’a rappelé ma visite de Lascaux 2 que j’avais beaucoup aimé et m’incite à aller découvrir la grotte Chauvet.
    Intéressantes aussi les différentes théories sur le pourquoi de ces oeuvres.
    Merci Danielle.

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  7. Chère Danièle, merci d’avoir prit le temps de faire une comparaison ce qui n’est pas tout simple. Je ne connaissais de près que Lascaux. Même s’il y a 18 000 ans d’écart, le nombre et la loi des séries permettent d’argumenter beaucoup plus sérieusement sur les capacités de nos ancêtres et font diminuer la part du hasard ou de l’exceptionnel.
    Plus on avance dans ces recherches, plus on découvre leur inventivité : Que ferions-nous aujourd’hui avec aussi peu d’outils ? Combien de lieux plus propices à leur expression ont disparu Car pas assez profonds ou trop humides, ou tout simplement n’ont pas été encore retrouvés ? Cela nous fait rêver… Cela peut aussi nous faire réfléchir sur ce que nous appelons les primitifs… Ou les gens qui ne nous ressemblent pas !
    Et quelle beauté !
    Marguerite

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  8. Passionnant ce rapprochement entre Chauvet et Lascaux. Mais finalement c’est toujours la même émotion qui nous étreint devant ces dessins qui nous rendent nos ancêtres plus proches

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  9. Quelle richesse historique! Ceci me rappelle la visite de la grotte de Lascaux où je suis restée bouche bée devant ces merveilleuses peintures. Bravo pour cet article qui nous fait revivre ces moments passés au centre de l’univers.

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  10. J’attendais que la parité hommes-femmes soit rétablie, Joëlle, Marguerite,Nicole et Monique ! Merci d’avoir répondu à mon appel pour témoigner que vous restez, vous aussi, bouche bée, devant cet art pariétal. Nous rejoignons ainsi, hommes et femmes réunis, tous ces artistes du 20e siècle (Cézanne, Picasso, Giacometti…) qui ont visité des grottes ornées avant de s’en inspirer dans leurs œuvres. Une exposition vient d’ouvrir ses portes à ce sujet, au Centre Pompidou. Malheureusement, ces artistes n’ont pas pu voir la grotte Chauvet, découverte en 1994.

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  11. Un très grand merci, Danielle, pour ce témoignage si bien documenté et riche en splendides photos qui nous fait voyager dans le temps. Personnellement je ne connais pas encore Chauvet mais j’ai retrouvé à la lecture de l’article l’intense émotion qui saisit le visiteur à la vue des peintures rupestres de Lascaux. Avec si peu de moyens à leur disposition, nos ancêtres ont su par leur génie et leur inventivité traverser les âges pour nous donner un aperçu de leur existence et sans doute de leurs croyances. L’art pariétal, à la fois étonnant et prodigieux, pourrait-il être imité avec le même talent si nous nous trouvions subitement dans les mêmes conditions et le contexte exact où vivaient nos ancêtres? J’en doute fortement. Les créations de l’époque préhistorique nous appellent à une profonde humilité.

    Aimé par 3 personnes

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