Par Joëlle Niger.
Mars 2026, avec Catherine nous décidons de faire un road trip dans les Pouilles, une région d’Italie qui se situe dans le talon de la «botte».
La région a une superficie de 19 500 km², elle est entourée au sud par la mer ionienne et à l’est par la mer adriatique.

La découvrir en mars est un pur bonheur car les touristes sont encore rares et c’est franchement très agréable.
Après avoir récupéré notre véhicule à l’aéroport et passé une première nuit dans la région de Bari, notre périple commence à Lecce souvent appelée «la Florence du Sud». Cette ville magnifique est le cœur de l’architecture baroque. En se promenant dans le centre historique on est captivé par la lumière dorée de la pierre de Lecce, un calcaire tendre.

L’âme de la ville se révèle dans la majestueuse Piazza Del Duomo où se situe la cathédrale Di Maria Santissima Assunta plus connue sous le nom de Duomo. Elle a été édifiée par les Normands en 1144 et rebâtie dans le style roman en 1230.

Après de nombreux travaux, elle est devenue une superbe cathédrale baroque avec ses 3 nefs, dorures sur les chapiteaux, 12 autels latéraux, ses toiles, son superbe plafond à caissons ciselés et surtout sa spectaculaire crèche sculptée par Gabriele Riccardi au 16ème siècle. Nichée sous la cathédrale, se trouve une magnifique crypte datant du 12ème siècle avec ses 92 colonnes surmontées de chapiteaux finement décorés.


Après cette visite, nous montons au sommet du campanile haut de 70 mètres (par ascenseur!) d’où nous pouvons admirer la belle place ainsi que toute la ville.
Lors de notre balade dans ces ruelles typiques, nous découvrons la basilique Santa Croce et sa façade richement sculptée puis la Piazza Sant’ Oronzo et ses ruines romaines ainsi que sa colonne surmontée d’une statue du saint patron de la ville, Oronce, et juste à côté on découvre les vestiges d’un amphithéâtre romain.



Après une petite halte chez le meilleur glacier de la ville, nous repartons en direction de notre masseria (ancienne ferme) qui se situe dans la région du Salento.
Le Salento est la péninsule formant l’extrémité sud des Pouilles.
Notre première étape de la journée est Otranto, joyau côtier riche en histoire et en charme.
Nous visitons la cathédrale Santa Maria Annunziata célèbre pour son sol en mosaïque complexe.
Nous passons près du château aragonais sans le visiter, nous avons préféré profiter du beau temps ensoleillé pour longer la mer sur la promenade maritime.


A quelques encablures de la ville, nous faisons une halte à la Cava di Bauxite, un paysage surréaliste de terre rouge et d’eaux émeraude. C’est une ancienne carrière transformée en lac naturel.

Nous poursuivons notre voyage en empruntant la mythique route SP 358 entre Otranto et Leuca surnommée «La route des merveilles»; elle serpente au bord de falaises, traverse des paysages où le bleu de la mer côtoie le vert du maquis et la pierre blanche des rochers. A chaque virage c’est une véritable carte postale, on y roule lentement afin d’admirer le paysage grandiose. On s’arrête pour admirer la mer ou boire un espresso, bref la dolce vita.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers Gallipoli en repassant par Leuca afin de visiter le sanctuaire Santa Maria de Finibus terrae et le phare perchés sur des falaises spectaculaires offrant une belle vue sur la ville de Leuca. Avant d’arriver à Gallipoli, nous faisons une halte à Baia Verde, une plage de sable blanc et une eau cristalline.


En grec ancien Gallipoli signifie belle ville à juste titre.
La vieille ville est située sur une petite île, et comme souvent il faut se perdre dans ses ruelles, visiter la cathédrale Sainte-Agathe connue pour sa couleur raffinée blanchâtre,

se balader sur les remparts longeant la mer et surtout terminer la visite par la dégustation d’un verre de Prosecco ou de Spritz en admirant le coucher du soleil. …

…se balader sur les remparts longeant la mer et surtout terminer la visite par la dégustation d’un verre de Prosecco ou de Spritz en admirant le coucher du soleil. Le retour à la Masseria de nuit avec la conduite particulière et imprévisible des Italiens est une véritable aventure en soi!
Nous quittons notre masseria pour nous diriger vers le nord et la Vallée d’Itria connue pour ses collines ondulantes, ses oliviers centenaires et ses villages de carte postale. Notre première étape est Ostuni, célèbre ville blanche perchée sur une colline surplombant la mer adriatique, et nous décidons de la visiter en tuk-tuk italien avec un guide.

Le centre historique regroupe tous les sites incontournables à voir, notamment la Piazza Della Liberta bordée par le Palazzo del Municipio et l’église San Francesco d’Assisi construite en 1304. Au centre de la place se dresse une flèche de style napolitain.


Nous décidons de faire une halte déjeuner sur un rooftop baigné de soleil duquel une vue superbe sur la ville s’offre à nous.
Avant de quitter la ville, il faut se rendre au superbe point de vue sur cette dernière qui se situe à l’extérieur des remparts.
L’après-midi, nous poursuivons notre route vers Locorotondo, un des plus beaux villages d’Italie avec ses maisons blanches fleuries aux toits pointus.
En flânant dans ses ruelles pavées, on y découvre des églises baroques,des balcons fleuris, des artisans… on y ressent une atmosphère paisible.
Avant de rejoindre notre hôtel, nous visitons une fabrique artisanale d’huile d’olive, on y apprend les 4 étapes de la fabrication : la récolte, le broyage, la décantation, la centrifugeuse, dernière étape. Ensuite nous passons à la dégustation des différentes variétés.



Notre périple se poursuit en direction de Matera, l’une des plus vieilles cités habitées au monde, elle est classée au patrimoine mondial de l’ UNESCO.
Elle est célèbre pour ses habitations troglodytiques construites autour d’un canyon.
Nous la visitons en compagnie d’une guide privée, ce qui nous permet de connaître l’histoire de cette cité au passé de 10 000 ans.

Elle nous conte l’histoire fascinante des sassi jusqu’au 15ème siècle. Matera se divise en 2 quartiers:
Le Sasso Caveoso avec quelques-unes de ses plus belles églises rupestres renfermant des fresques remarquablement conservées.
Le Sasso Barisano avec ses bâtiments baroques et ses ruelles étroites.
Nous visitons la Casa Grotta, une maison troglodyte traditionnelle qui montre comment vivaient les habitants ici pendant des siècles.
Notre guide nous dirige vers le Palombaro Lungo, le plus grand réservoir d’eau souterrain de la ville ; il permettait de procurer de l’eau aux habitants.


Le fondateur de Matera s’appelle Lucius Calcicius Metellus, un dictateur romain. Après des années de batailles où se succédèrent Lombards, Byzantins et Arabes, la ville est devenue au 15ème siècle une dépendance de la maison d’Aragon.
La masse paysanne vivait dans des conditions précaires et subissait l’oppression du régime féodal. Jusqu’au 20ème siècle, les villageois vivaient dans des conditions rupestres à flanc de colline avec leurs animaux, sans eau potable ni électricité.
Les sassi de Matera étaient considérés comme territoires défavorisés à l’inverse de l’Italie du Nord prospère. Au début des années 1950, le gouvernement italien a initié un programme d’aménagement urbain avec des résidences décentes.
En 2019, Matera fut désignée capitale européenne de la culture.
En raison de son décor pittoresque, de nombreux films y furent tournés, James Bond entre autres.
Nous conseillons de monter jusqu’à l’église Santa Maria de Idris, on y accède par un escalier court et raide mais on est récompensé par une vue splendide sur la ville. Cette dernière est absolument sublime avec un passé riche, un lieu unique qui vous enchante.

Notre avant-dernière journée commence par la visite d’Alberobello, la ville enchanteresse des trulli ; ce sont des maisons en pierre blanchies à la chaux et aux toits coniques qui donnent au village un air de conte de fées.



On vient dans cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour y découvrir une architecture unique et pour flâner dans ses ruelles.Le village regroupe environ 400 trulli encore habités.

L’après-midi nous nous arrêtons à Polignano a Mare et son petit centre historique. La ville étant perchée sur une falaise au-dessus de la mer, elle offre de nombreux points de vue. Hélas la pluie nous a empêchées d’en profiter!
Nous continuons notre route vers Monopoli, charmante cité balnéaire mais comme précédemment la pluie a contrarié notre visite, nous sommes quand même allées voir le port de pêche pittoresque où flottent les barques colorées bleues et rouges (gozzi).

Nous retournons à notre hôtel situé à Cisternino, encore une petite ville blanchie à la chaux entourée d’oliviers. Nous dînons dans un lieu authentique puisqu’il s’agit d’une boucherie dans laquelle on choisit ses ingrédients et ils sont préparés devant les clients puis servis à table. Nous avons opté pour la spécialité locale «les bombettes, fines tranches de veau ou de porc farcies de fromage, de pancetta, de champignons au gré des envies généralement servies avec une pomme au four.

Avant de reprendre notre avion en fin de journée, nous en profitons pour visiter la capitale des Pouilles, Bari.
Comme souvent, il faut se perdre dans les ruelles, découvrir la cathédrale, le château normand-souabe (une forteresse du 12ème siècle) et rejoindre les rues Arco Basso et Arco Alto où sont fabriquées, à la main par les habitantes devant leur maison, les fameuses orrechiette, petites pâtes alimentaires en forme d’oreille.



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