
Cet éditorial est aujourd’hui plus personnel que d’habitude. En effet, au sein du petit village dans lequel je réside, nous sommes une dizaine d’amateurs à nous réunir tous les 15 jours dans le cadre d’un atelier de peinture. Notre ambition est limitée, mais notre volonté est de traduire avec des couleurs les émotions que nous ressentons. Les talents, les goûts et les choix sont divers, cependant il règne dans cette salle lumineuse lors de ces journées, une étrange sérénité que j’ai mis quelque temps à définir. Assurément, l’ambiance est sympathique, pas de rivalité, chacune ayant un style de peinture tellement propre que vouloir le comparer à un autre n’a pas de sens. Se réunir dans un climat de complicité est certes déjà un privilège, mais ne répond pas à ce sentiment de sérénité, et il m’a fallu un certain temps pour réaliser que durant ces quelques heures, nous coupions nos portables. Il n’y a plus d’écrans, plus de sonneries, seulement un groupe de personnes absorbées dans la création d’un tableau qui essayent avec leurs pinceaux de révéler sur une toile ce qui les définit, une sorte d’imaginaire résistant.
En effet, la saturation des écrans menace notre capacité créatrice. Submergés par les images et par l’IA nous ne sommes plus capables d’inventer et c’est dans ces temps de silence et de calme que notre capacité à rêver refait surface. Il est intéressant de voir comment l’art peut parfois marquer la résistance de chacun à ce monde saturé de médias qui nous imposent leur vision. Echapper à l’influence et à la puissance du numérique est une façon de retrouver une forme de liberté. La permanence des réseaux sociaux et leur intrusion dans nos vies comme des « Big Brothers » insidieux a imposé à notre insu une nouvelle forme d’art. Ainsi, nous avons vu apparaître des œuvres d’art gigantesques, des formes raides, abruptes, des couleurs violentes, parfois contraires, comme une sorte d’opposition à la noirceur médiatique.
Face à ce monde qui chaque jour, au travers des différentes nouvelles nous agresse, le calme nous permet de réapprendre à regarder avec nos propres yeux, à retrouver le contact avec la matière, à prendre le temps long du séchage… . Afin de contrer les violences de notre monde, cet atelier nous donne la possibilité d’imposer la lumière, de nous ramener à la création personnelle, de mettre de la douceur, un peu à la manière de David Hockney qui dans une « année en Normandie », a pris le temps d’observer les changements de la nature et des saisons, sans essayer de les capturer dans des peintures violentes ou hachées.
L’Art dans ce cas est un acte de résistance. Inutile de vouloir nier la violence de ce monde, mais on peut essayer de lui opposer la beauté de la nature, la nuance, le rêve, en apportant sa création personnelle qui ne doit pas être une copie d’une œuvre déjà existante, mais le résultat d’une pensée propre.
Nicole Imbert-Degrave

OUAHHH, Nicole, j’adore , comme dirait un Jeune !!!
Avec quelle inspiration et avec quelle émotion tu nous fais partager ton monde créateur ! Le silence, la concentration, la recherche de la profondeur de sa vie intérieure sont devenus tellement absents de notre genre de vie qu’il convient de les réhabiliter : c’est un acte citoyen que tu viens de réaliser et je t’en remercie.
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Merci Nicole pour ton nouvel édito effectivement personnel mais réaliste de la société actuelle où tout va trop vite, on n’échange plus, tout est virtuel ce qui fait un monde égoïste, violent…. alors tu as raison entrons en résistance.
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Bel édito Nicole👏
Je partage ces sentiments « vrais » que l’on a malheureusement tendance à laisser de côté…dans ce monde où on ne prend plus le temps à rien!!! Cette « bulle d’oxygène » est importante, merci d’avoir partagé la vôtre😉
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Editorial qui sort de l’ordinaire et qui nous rappelle la nécessité de préserver sa raison critique et sa liberté de penser par rapport au numérique.
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Nicole,
beaucoup de plaisir à lire cet édito…..D’autant plus que je suis entièrement d’accord avec ta pensée concernant le numérique et surtout l’IA, qui va nous empoisonner la vie ( en dehors des services rendus sur le plan médical, par exemple) en nous aliénant à une vision politique et sociale dominante de la « tech » de la « silicon valley ». Puisque modestement je suis un peintre très amateur, je suis aussi totalement en accord avec le dernier paragraphe de ton édito qui parle de création résistante et non de copie…….
A bientôt en Bourgogne
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Nicole, bravo pour cet édito original qui « remet les pendules à l’heure » et nous rappelle bien à propos que nous existons ailleurs que par nos portables, ordinateurs et autres calamités très utiles mais qui ont peu à peu submergé et envahi nos vies. Il est tout à fait sain et bénéfique de se plonger à fond dans une activité personnelle, qu’il s’agisse de peinture, de musique, de lecture, de promenades dans la nature ou autres pour pouvoir se ressourcer sans l’omniprésence de Big Brother et de l’IA. Merci encore pour ces réflexions bien nécessaires de nos jours.
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