
L’Epiphanie, les rois mages et leurs cadeaux, la galette et sa couronne, … Suivant ses goûts et ses croyances, chacun donnera à cette fête une interprétation différente. Pour certains, c’est un moment de convivialité et de partage autour d’une galette, pour d’autres, c’est la rencontre et la reconnaissance par trois riches personnages de la naissance du roi du monde, c’est l’humilité des grands devant un enfant… Pour ma part, en ce début d’année, j’y vois aussi une idée de départ, une volonté de se mettre en chemin. Qui étaient ces trois Rois mages, et étaient-ils vraiment des rois ? Mais peu importe, c’étaient peut-être des astronomes qui, penchés sur leurs études, ont vu une comète et ont décidé de la suivre. Leur statut n’est pas vraiment important au regard de ce que nous dit leur décision de prendre la route, de partir, sans vraiment savoir où aller, d’accepter de quitter le confort du quotidien pour suivre une idée, une croyance, une étoile ? Il y a du courage à décider de partir, à accepter l’inconnu.
Une autre figure me vient à l’esprit : Don Quichotte. Alors que les Rois mages quittent leurs royaumes pour suivre une étoile, Don Quichotte quitte son village pour suivre une idée. Dans les deux cas leur quête est fondée sur un signe fragile. Ils ne disposent pas de preuves, mais ils ont en commun une conviction, celle de croire que le monde peut être différent. Don Quichotte est tourné en ridicule, pris pour un fou, il se bat contre des moulins. Son combat peut sembler naïf avec sa vision idéalisée du monde, comme les mages poursuivant leur étoile à la recherche d’un enfant-roi. Ils avancent à contre-courant et aujourd’hui, dans notre monde où on privilégie le principe de précaution, leur naïveté apparaît comme une forme de courage. Don Quichotte va tomber, mais, porté par son idéal,il va se relever, puis tomber à nouveau et alors que les Rois mages, portés par l’Espérance, vont trouver l’enfant, Don Quichotte n’atteindra pas l’inaccessible étoile et mourra. La fin se révèle tragique, mais l’important n’était-il pas de tenter, d’oser ? N’est-ce pas ainsi que le monde avance ?
En effet, quittons la Bible et la littérature : Plus près de nous des figures célèbres ont osé se lever et partir pour faire changer le monde. Gandhi, par son courage, sa persévérance et son refus naïf de la violence a transformé la société indienne. Combien d’autres encore ont eu l’audace de tout quitter pour suivre leur étoile, je pense dans le désordre à Jeanne d’Arc, Rimbaud, à Dian Fossey, aux explorateurs, aux grands navigateurs… La liste est à la fois longue et courte. Longue, car ils furent nombreux à oser, mais courte, car au regard de l’humanité et de l’Histoire, ils ne sont pas si nombreux, ceux qui osent aller au bout de leurs rêves et pourtant le monde ne change jamais sans ceux qui acceptent de croire en quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes.
Aussi, en ce début d’année, je vous souhaite le meilleur pour vous et ceux que vous aimez et je nous souhaite d’oser, car sans rêveurs, il n’y a pas d’étoile et sans audace, il n’y a pas de monde nouveau.
Bonne année à tous !
Nicole Imbert-Degrave

Photos internet
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