Par Mona Rosin et Ceydrick Gendre.
Nous recherchions une destination riche en patrimoine, agréable à visiter, un brin romantique. Alors, Vienne s’est imposée à nous, avec ses bâtiments baroques, son passé historique, sa richesse artistique et son opéra romantique.
Et c’est ainsi qu’au mois de mai, quand la température n’est pas encore étouffante, nous sommes partis découvrir la ville de Sissi.
Lorsque nous sommes arrivés dans la capitale, nous avons été agréablement surpris par ses vastes avenues, la propreté des trottoirs, et une atmosphère sereine, avec un « je-ne-sais-quoi » qui nous donne rapidement une sensation de sécurité et de bien-être. Nous sommes en Autriche, et pourtant il plane comme un air de « Dolce Vita ».
Le timing était serré : 3 jours sur place. Alors nous avons fait les choix de visite suivants :
AU CŒUR DU CENTRE VILLE : LA CATHEDRALE SAINT-ETIENNE
En touristes bien disciplinés, nous voici partis à l’assaut du centre de Vienne, où trône la cathédrale Saint-Étienne.

C’est un symbole fort de la capitale, où la famille impériale venait souvent se recueillir.

Lorsque nous arrivons, nous sommes impressionnés par ce monument qui s’impose à nous, avec son style gothique, sa flèche qui culmine à 136 mètres, et sa magnifique toiture, habillée de 230 000 tuiles vernissées. L’ensemble représente des motifs en zigzag, entrecoupés de losanges, qui rappellent des tapis d’orient.
Cette cathédrale, construite au XIVème siècle, sur les ruines d’une église romane, fut détruite en grande partie à la fin de la seconde guerre mondiale puis reconstruite grâce à l’aide et aux dons des Viennois.
L’intérieur est tout aussi époustouflant, avec ses voûtes vertigineuses, ses vitraux, ses différents autels. On retrouve le style baroque, le tout orné de dorures comme il se doit. L’ensemble crée une atmosphère mystique inoubliable.
De nombreuses personnalités y ont été inhumées, à l’image de l’empereur Friedrich III qui repose dans un sarcophage de marbre, ainsi que la famille des Habsbourg pour qui des urnes ont été déposées.
Bref, La « Steffl », comme l’appellent les Viennois, mérite le détour.

EN FIACRE A TRAVERS VIENNE
En sortant de la cathédrale, on trouve, sur le côté, les « Fiaker », terme qui vient du mot français « fiacre », et qui se rapporte à la rue Saint-Fiacre à Paris, où on pouvait autrefois louer ces voitures.
Jusqu’en 1900, plus de 1 000 fiacres étaient en circulation à Vienne. Il subsiste aujourd’hui des arrêts dans plusieurs quartiers de la ville, prêts à vous proposer de faire un tour dans le centre historique ou sur le Ring qui entoure la ville.


LE CHATEAU DE SCHÖNBRUNN
Il est immense, impressionnant par sa longueur, incontournable.

Ce château de style baroque fut construit au XVIIème siècle par l’empereur Ferdinand II pour y accueillir son épouse. Il est ensuite devenu la résidence d’été de la famille impériale autrichienne.
Il compte 1 441 pièces, dont « seulement » 45 peuvent être visitées.
On découvre alors un style rococo, avec des pièces et des dorures très bien conservées. On peut facilement se projeter dans le passé, à l’époque où Sissi en faisait son royaume.




L’atmosphère était alors cocooning, avec un système de chauffage sophistiqué pour l’époque via des poêles en faïence qui étaient reliés entre eux par une tuyauterie intégrée dans les murs.
C’est aujourd’hui l’un des monuments les plus visités de Vienne. Il est d’ailleurs classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1996.
Le jardin mérite aussi le détour, avec ses statues, ses fontaines et ses dédales de massifs à la française.


Après cette visite, qui prend quelques heures, il est temps de monter jusqu’à la Gloriette. C’est aussi un monument baroque, qui fait face au château, et qui offre une vue imprenable sur la ville. C’est ici que François-Joseph et Sissi aimaient venir se restaurer puisqu’ils y avaient déjà fait installer une salle de « petit déjeuner ».


Inutile de préciser que c’est un endroit bien apprécié après ces heures de déambulation. Un café viennois avec sa Sacher Torte s’impose !
LE QUARTIER LANDSTRASSE
Après tous ces joyaux dorés, notre goût éclectique nous entraîne vers un quartier riche en couleurs : le Landstraße où les édifices baroques côtoient les immeubles aux façades colorées.
Nous voici tout d’abord dans le quartier « Hundertwasserhaus », où on peut admirer un ensemble d’immeubles avec des façades aux couleurs vives.


C’est le Viennois Friedensreich Hundertwasser, connu pour ses œuvres multicolores, qui décora les façades des immeubles dans un esprit Art nouveau ». Les lignes des dessins sont des courbes, les fenêtres sont asymétriques et les formes mélangées.



Ce « relooking » est assez récent puisqu’il est terminé depuis 1986. Le tout est orné de plantes qui s’intègrent sur les toits, dans les façades, ce qui donne un air champêtre à ce quartier.
A noter : ces immeubles sont en fait des logements sociaux, où cohabitent différentes cultures, ayant une implication artistique, à un tarif préférentiel.

Nous continuons notre périple dans ce quartier, où l’on découvre également le PALAIS DU BELVEDERE, décliné en 2 magnifiques châteaux. Nous retrouvons le style baroque qui caractérise cette ville, et nous sommes frappés par l’immensité des bâtiments, les jardins à la française, ornés de statues et de fontaines.
Nous avons choisi de visiter le belvédère supérieur, car il s’y trouve une exposition permanente sur l’art autrichien, et notamment une exposition de l’œuvre de Gustave KLIMT. Nous étions avides de découvrir son célèbre tableau iconique « Le Baiser ». Promesse tenue : le tableau, de 180 X 180 cm, représentant son couple avec sa muse Emilie Flöge, est envoûtant avec ses dorures et ses ornements.



Nous avons aussi apprécié l’exposition sur les sculptures originales de Franz Xaver Messerschmidt. Ce sculpteur allemand (1736-1783) façonnait des « têtes de caractère » dont le principe était de démontrer les différentes expressions du visage. Très étonnant !



LE PRATER
Vienne est décidément une ville aux multiples facettes. Après ces magnifiques palais, il est temps de faire une pause dans le parc d’attractions de la ville : le Prater.
C’est un lieu emblématique avec sa grande roue, qui permet d’avoir une vue imprenable sur la ville.


C’était une réserve de chasse, ouverte à la population par l’empereur Joseph II. Aujourd’hui, c’est devenu un lieu très populaire où l’on peut se promener et se distraire avec de nombreux manèges.
CONCERT A L’OPERA
Vienne est la ville de la musique par excellence, puisqu’elle est le berceau de grands compositeurs. Mozart, Schubert, Beethoven ou Brahms en sont quelques exemples.

Nous avons donc choisi de clôturer ce voyage par un concert au Musikverein. C’est une des salles mythiques de l’opéra, célèbre pour sa qualité acoustique.
Le concert avait une durée de deux heures: une heure d’interprétation de Mozart, suivie d’une heure de Vivaldi.
Nous étions au 2ème rang, pour ainsi dire sur la scène. Dès le début du concert, quand les violons ont commencé à jouer, c’était comme si nous étions au milieu des musiciens. L’émotion était intense, une petite larme sur le coin de l’œil.
L’ensemble des musiciens, la puissance des violons, la proximité de l’orchestre, le tout était captivant et a transporté le public dans un univers intemporel pendant les 2 heures du concert.

EN CONCLUSION…
Nous avons été conquis par cette ville, riche en culture, en arts et où règne une atmosphère sereine et sécurisante. L’art baroque côtoie l’art contemporain, sans jamais dénoter. Au contraire, ce mélange artistique apporte la touche qui caractérise la ville.
Vienne a aussi su s’adapter à sa population toujours croissante, avec un mélange réussi de cultures et de religions.
Cette ville mérite sa réputation de ville artistique. Entre tradition et modernité, nous avons été séduits !

Photos Mona Rosin et Ceydrick Gendre
Merci Mona et Ceydrick pour m’avoir fait revivre un séjour de 3 jours aussi à Vienne. Comme vous j’ai apprécié la douceur de vivre et la richesse de cette ville. C’était en décembre alors Schönbrunn sous la neige était magique.
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On se prend à rêver à notre tour d’un week-end prolongé à Vienne. Mais sans doute, 2 jours ne me suffiront pas pour apprécier tout le charme de cette ville remplie d’histoire et peuplée des fantômes de tant de génies.
Merci Mona et Ceydrick pour cette riche déambulation viennoise.
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Merci beaucoup Mona et Cedrick pour ce magnifique reportage
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Ce voyage introductif à Vienne nous incite à découvrir la ville impériale en profondeur à travers son influence historique, son emprise sur la civilisation européenne, son rayonnement architectural, musical et l’empreinte de l’immense Mozart, ses peintres et, avec Freud, la révolution de la psychanalyse. N’oublions pas non plus, le Danube, fleuve mythique, véritable poumon et artère vitale de l’Europe centrale. Pour s’imprégner de ce passé, je préconise la lecture du livre « Le Monde d’hier. « Souvenirs d’un Européen » de Stefan Zweig.
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Merci, Mona et Ceydrick, de nous avoir fait partager vos expériences et vos émotions lors de la visite de Vienne. On s’y croirait! En fait, votre « journal de bord » donne furieusement envie au lecteur de se rendre sur place et de s’imprégner de l’atmosphère magique de cette métropole.
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