Par Catherine Defosse.
En ce début 2024, lassées de la grisaille parisienne, nous avons eu envie, une amie et moi , de partir découvrir l’archipel des Grenadines. C’est ainsi que nous avons choisi de faire une croisière, à bord d’un catamaran, afin de longer au plus près les côtes. En effet, son faible tirant d’eau permet de s’approcher des îles et des îlots de la Mer des Caraïbes.

Nous partons de Paris pour rejoindre Fort de France en Martinique et après 9 heures de vol et un transfert vers la Marina DU MARIN – la plus importante du Sud des Caraïbes – nous embarquons à bord de notre catamaran « LE TURQUIN ». Nous apprenons que Turquin est le nom d’une nuance de bleu foncé. Notre bateau mesure 16,97 mètres de long, comporte 6 cabines et 6 cabinets de toilette. Il est éco-conçu, c’est-à-dire qu’il est équipé de panneaux solaires, d’un système de désalinisation et d’une unité de filtrage des eaux usées. Ce qui permet de naviguer sans faire escale dans un port pour se ravitailler en eau ou en électricité et ainsi de profiter au maximum des criques.

Après installation dans nos cabines, nous faisons connaissance autour d’un apéro punch avec les dix autres passagers, le skipper et l’hôtesse. Le rhum aidant, nous sympathisons rapidement avec chacun d’entre eux. Après le dîner, nous commençons la navigation de nuit en longeant successivement les côtes de Ste Lucie et de St Vincent.
Les Grenadines sont un archipel de plus de six cents îles qui s’étendent sur près de 100 km entre les îles de St Vincent au Nord et de Grenade au Sud. Nous allons découvrir cinq d’entre elles : BEQUIA, MAYREAU, les TOBAGO CAYS, SAINT-VINCENT-ET-LES-GRENADINES et STE-LUCIE.

C’est en 1498 que lesEspagnols ont abordé St-Vincent. Il a ensuite fallu attendre le 18ème siècle pour que Anglais et Français colonisent l’île de St-Vincent et ne cessent de se disputer le territoire. Finalement, St-Vincent a été concédé aux Anglais en 1783. Les îles sont devenues autonomes en 1969 et récemment indépendantes (1979). Membres du Commonwealth, elles fonctionnent en démocratie parlementaire avec un chef d’Etat formel : le roi Charles III, représenté localement par deux gouverneurs : l’un pour les îles du Nord rattachées à St-Vincent-et-les-Grenadines et l’autre pour les îles du sud rattachées à Grenade. Ste-Lucie bénéficie également du même type de fonctionnement politique. La majorité de la population est issue d’esclaves africains enrôlés de force pendant la période coloniale. La langue officielle est l’anglais et la monnaie est le dollar Caribéen.
BEQUIA : Après 10 heures de navigation, nous arrivons au petit matin à BEQUIA (que les habitants prononcent Bécoué). Une île de 18 km2. Nous nous installons au mouillage dans la baie Admiralty Bay. C’est au milieu de ce petit paradis aux eaux translucides et à la végétation exotique que nous prenons notre premier bain. C’est magique. Nous avons un contact privilégié avec la nature. La plage est à proximité et nous la rejoignons à la nage – Après le déjeuner, nous partons à la rencontre des habitants – ils sont 5000 sur BEQUIA- et flânons parmi les quelques boutiques et bars colorés.




MAYREAU : Le lendemain, nous quittons BEQUIA à 6 h pour MAYREAU. Ce matin-là, tout le monde est sur le pont afin de profiter de la navigation toutes voiles dehors. Nous jetons l’ancre dans la baie de Salt Whistle Bay. Cette île est paradisiaque et préservée de tout. C’est l’une des plus belles plages des Caraïbes. Dès 9 heures, nous prenons l’annexe du catamaran pour rejoindre la plage. Au milieu des cocotiers, nous découvrons un chemin qui nous emmène vers l’unique village de l’île. C’est au sommet de la colline que sont érigées une petite église et une école. De là, nous découvrons un panorama époustouflant, tout en dégradé de bleu, sur l’immense barrière de corail des TOBAGO CAYS.




A notre retour, une surprise nous attend sur le bateau : une dégustation d’oursins ramassés le matin même par Chandail, un pêcheur local. L’après-midi est, pour certains ludique avec paddles, masques et tubas, ou reposant pour d’autres qui ont choisi de faire la sieste sur la plage sous les paréos accrochés au vent. En fin d’après-midi, nous allons admirer le coucher du soleil depuis la plage dans l’un des bars colorés de vert et de jaune. Seules 200 personnes vivent sur l’île, la plus petite de l’archipel. C’est ce qui la rend authentique.


TOBAGO CAYS : Au petit matin, au moment de lever l’ancre, le ciel s’embrase sur la mer et nous offre un magnifique spectacle. L’effet est envoûtant et c’est ce moment que choisit le ROYAL CLIPPER, un voilier de 134 mètres, gréé de 5 mâts pour apparaître. Il s’agit en fait d’un bateau de croisière pouvant recevoir jusqu’à 227 passagers accompagnés de ses 100 membres d’équipage.

Après une courte navigation, nous arrivons aux TOBAGO CAYS, joyau des Grenadines. Nous découvrons des îlots inhabités bordés de sable blanc, posés sur une mer turquoise. Sans tarder, équipés de masque et tubas, nous partons à la rencontre des tortues marines, des raies et des étoiles de mer. Notre skipper nous emmène ensuite avec l’annexe du bateau jusqu’à la barrière de corail pour nous permettre de nager au milieu des poissons multicolores. C’est féerique ! Même si le retour à la nage est un peu difficile à cause des courants, nous sommes largement récompensés par la beauté de cette magnifique réserve protégée.



Ensuite, nous levons l’ancre pour rejoindre une autre baie située entre les îlots « Petit Bateau » et « Petit Rameau ». La fin de journée se déroule sur la plage autour d’un dîner barbecue composé de délicieuses langoustes grillées, de riz créole et avec du Punch, bien sûr.
SAINT-VINCENT-ET-LES-GRENADINES : Partis de bonne heure, comme d’habitude, nous déjeunons lors de la traversée et nous régalons d’un plateau de divers fruits exotiques dont les Caraïbes regorgent. St-VINCENT, avec sa capitale Kingstown est l’île principale du Nord des Grenadines. Elle compte plus de 100 000 habitants. C’est dans la baie de Wallilabou qu’a été tourné le film « Pirates des Caraïbes ». A notre arrivée dans la baie de Cumberland, nous changeons de paysage : les falaises couvertes de végétation luxuriante protègent la baie et le sable noir nous rappelle que nous sommes sur une île volcanique avec « La Soufrière », volcan toujours actif.




L’après-midi, nous prenons un minibus qui nous emmène aux cascades de Dark Falls. Tout d’abord, nous marchons, émerveillés, au milieu d’une nature riche, traversons un pont suspendu en bambou avant de rejoindre deux chutes d’eau spectaculaires de 90 mètres de haut. Nous n’hésitons pas à nous glisser sous le rideau d’eau de l’une d’entre elles afin de profiter de la force et de la fraîcheur de la cascade.
SAINTE-LUCIE : (620 km2 et 187 000 habitants). Le lendemain, nous changeons de dimension ! Je profite de la navigation pour m’installer sur le pont arrière alors que les autres passagers sont tous sur le pont supérieur. Je me régale de cette vue à 180° sur la mer, observant les nuages blancs et doux comme du coton, mon appareil photo prêt à capturer les dauphins. Finalement, Il faudra attendre le lendemain pour les apercevoir mais j’ai quand même été récompensée par les plongeons spectaculaires d’un fou brun dont l’envergure peut atteindre 140 cm.


Nous arrivons au port de Castries. La baie est vaste comparée à nos mouillages précédents. Nous croisons beaucoup de touristes, essentiellement des croisiéristes américains. Ste-LUCIE est facilement reconnaissable avec ses deux pitons rocheux qui tombent à pic dans la mer. C’est la seule nation souveraine au monde qui porte le nom d’une femme !



L’après-midi est consacrée à une balade en minibus qui nous permet d’admirer, depuis les hauteurs, la superbe baie tout en dégradé de verts. Nous partons ensuite en direction d’un jardin botanique foisonnant de fleurs tropicales, de papayers et de cacaotiers.
Il est temps de rejoindre le site volcanique qui nous offre un paysage lunaire avec ses fumerolles, ses sources bouillonnantes, le tout accompagné d’une odeur entêtante de soufre. La visite est encadrée à cause des risques de projection de lave en fusion : c’est la zone géothermique la plus active des Antilles. En effet, La dernière éruption date de 2021 et le volcan qui s’appelle, ici aussi, « La Soufrière » est très surveillé. On va pouvoir se baigner dans les eaux chaudes à 38° et profiter des bienfaits de la boue volcanique riche en minéraux. Finalement, arrivés sur place, seuls quelques courageux arrivent à rentrer dans cette eau brûlante, bien supérieure aux 38° annoncés.

SAINTE-ANNE (Martinique) : Le lendemain, nous atteignons la dernière étape de notre voyage, à MAYA BAY, à proximité du petit village de Ste-Anne.

L’après-midi, nous débarquons face à l’église Notre-Dame, l’une des plus anciennes de l’île. Le village ne manque pas de charme aves ses boutiques colorées et ses murs peints. Nous en profitons pour arpenter les magasins et ramener pour les uns des paréos, des t-shirts et pour les autres de la confiture de goyave, des épices ou du rhum. Nous terminons notre séjour par une dernière baignade au coucher du soleil. Musique, danse et rires accompagnent notre dernière soirée sur le bateau avant de rejoindre la métropole.


Ainsi se termine notre croisière dans les îles Grenadines. Nous gardons en tête cette image de carte postale avec ses plages paradisiaques, ses cocotiers et ses eaux cristallines. La faune et la flore restent préservées dans cet archipel du sud des Caraïbes. Le choix de la navigation en catamaran permet de bénéficier au mieux de cette nature luxuriante.

Photos Catherine Defosse
Merci Catherine pour ce beau reportage sur cette fantastique croisière que j’ai partagée avec toi. En te lisant je revois tous ces paysages merveilleux, l’ambiance sur le bateau et tant d’autres souvenirs. Malheureusement l’ouragan Béryl qui vient de passer a fait d’énormes dégâts. C’est une catastrophe pour les habitants et le tourisme qui est si important pour eux.
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merci Catherine pour ce merveilleux voyage
rien de tel pour se ressourcer
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Belle invitation au voyage marin. La poésie et la beauté des paysages océaniques vous évadent d’un quotidien souvent morne et répétitif.
À recommencer !
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Grâce à votre générosité nous avons pu découvrir des lieux d’une grande beauté encore heureusement assez peu fréquentés. Très beau reportage; Merci.
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Catherine , je viens de passer un très agréable moment en te lisant et en regardant tes photos qui sont super belles .
Quel voyage…..
Merci beaucoup .
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Qu’il fait bon Catherine, de se laisser bercer par les flots bleus des Grenadines et par ton récit qui nous promène d’île en île à la découverte de chacune et de leur gastronomie.
Très agréable reportage où on sent le vent, on respire l’odeur iodée et on s’apaise devant les paysages plus splendides les uns que les autres. Bref, Catherine, tu as fait qu’en te lisant, nous faisions presque partie du voyage !
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