Après les ténèbres, la lumière !

Non, mes amis, cette fois-ci, je ne vous parlerai pas de coronavirus, ni de pandémie ou de vaccination et encore moins de passe-sanitaire. Non, les événements se suivent et se ressemblent, alors, autant passer à autre chose et chercher un peu de lumière dans ce paysage bien morose.

Mais qui dit lumière, pense soleil, chaleur, longues journées et nuits courtes, aussi, comment évoquer la lumière alors que nous sommes à l’entrée de l’hiver, que le vent et la pluie frappent à nos portes, et que la nuit arrive si vite  en fin d’après-midi. Mais pour autant, l’hiver n’est sans doute pas une saison aussi triste qu’elle peut le paraître, car en y regardant de plus près, vous constaterez que les arbres qui perdent leurs feuilles aujourd’hui, ont déjà les petites traces des bourgeons annonciateurs du retour de la vie et il en est de même pour nombre d’animaux qui portent déjà en eux les petits qui naîtront au printemps. La nature comme nous a besoin de cette pause qui petit à petit va nous emmener vers le solstice d’hiver et donc le temps du retour à la lumière.

Il est intéressant, en effet, de constater comment au fil des siècles et quelles que soient les civilisations ou les religions, le solstice d’hiver a toujours fait l’objet d’une célébration ou d’une cérémonie. L’origine du mot est déjà en soi une explication et vient du mot latin solstitium : sol (soleil) et statum venant de stare (se tenir immobile). C’est donc le moment où le soleil cesse de s’éloigner de la terre et garde pendant quelques jours sa position avant de commencer de nouveau à se rapprocher de la terre et permettre ainsi aux jours de rallonger.

Bien avant la naissance du Christ, l’arrivée du solstice d’hiver (qu’on situe généralement le 21 ou 22 décembre (voire le 23 en cas d’années bissextiles) a fait l’objet d’un culte propre à chaque civilisation. Pour les Grecs anciens, c’était le mois de Poséidon (dieu particulièrement lascif !), dans l’Egypte Antique, c’était la période du gonflement des eaux du Nil, signe de renouveau et de récoltes à venir, chez les Romains, c’était la période des Saturnales, dans certaines tribus d’Amérique, on dansait pour honorer sa foi, chez les Celtes, c’était pour les mages le jour de récolte de leurs herbes magiques ….

Au fil des siècles, et avec l’arrivée du christianisme, ces fêtes païennes ont évolué. C’est en effet en 354 que Rome prit la décision de fixer le jour de la naissance de Jésus au 25 décembre, afin de progressivement christianiser les populations en rapprochant la date de l’anniversaire de la naissance du Christ à celle des fêtes païennes existantes. Ainsi, petit à petit, la fête du solstice d’hiver dans les pays chrétiens est devenue la fête de la naissance du Messie.

Mais les traditions ont la peau dure. Ainsi, de ces fêtes anciennes, nous avons gardé plusieurs traditions:

-La bûche appelée en Ecosse Yeele carline (vielle femme de Yule), car elle symbolisait l’image des ténèbres, fait toujours partie de la magie de Noël, mais a perdu une partie de sa signification d’antan. En effet, il était question alors de brûler la vieille femme, les flammes signifiant le retour de la lumière.

-Les bougies qui avaient alors pour signification de montrer que Marie et Joseph qui n’avaient pas pu trouver une auberge à Bethléem seraient accueillis chez quiconque allumait ces bougies sont devenues par la suite les 4 bougies de l’Avent.

-Le houx, utilisé par les Romains pour décorer leurs maisons lors des Saturnales servait aussi à souhaiter le meilleur à leurs proches. Le houx était considéré comme porte-bonheur. Dans d’autres civilisations, les druides en offraient aux villageois pour rendre les femmes fécondes et les récoltes abondantes. Le houx qui ne perd pas ses feuilles est considéré comme un symbole d’immortalité. Aujourd’hui encore, les bûches de Noël et la table sont souvent décorées avec du houx.

Alors, en cette période où nous nous acheminons tranquillement vers le solstice d’hiver, je veux vous souhaiter de profiter pleinement de ces jours encore sombres afin d’apprécier bientôt le retour de la lumière, comme disait E. Rostand dans Chantecler : « c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière ».

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

Nicole Imbert-Degrave

2 commentaires sur “Après les ténèbres, la lumière !

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  1. Le tour d’horizon que tu proposes pour cette fin d’année 2021 nous sensibilise sur le sens profond des traditions et sur l’importance de la lumière, source de vie, mais il y a aussi la Lumière, synonyme de connaissance.

    Ton approche est revigorante, porteuse d’espoir. En particulier, j’ai apprécié cette belle citation d’Edmond Rostand qui me rappelle la Villa Arnaga !

    Merci, Nicole.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci Nicole, pour ce bel édito porteur d’espoir et de renouveau, qui nous fait changer de perspective en cette période sombre de pandémie, de conflits internationaux, de catastrophes naturelles et de déréglement climatique. Merci de nous montrer du doigt qu’il y a autre chose à l’horizon que la morosité et la désillusion ambiantes.

    Aimé par 2 personnes

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