La Covid, encore et encore…

Il y a quelques jours, j’ai découvert grâce à Pascale Seys un nouveau mot : « l’ultracrépidarianisme ».

Peut-être êtes-vous quelques-uns, à, comme moi, ignorer totalement la signification de ce mot. Pour en savoir plus, il faut se référer au livre 35 de Pline évoquant un artiste en train de peindre son modèle lorsque son cordonnier lui fait remarquer, fort à propos, que la sandale du modèle n’est pas conforme. Le peintre accepte la critique et modifie son tableau. Mais lorsque le lendemain, le même cordonnier se mêle de vouloir faire modifier la jambe, le peintre alors s’écrie : « Sutor ne supra crepidam ». Sutor voulant dire cordonnier et crépidam, sandale, ce qui se résume par « cordonnier, pas plus haut que la sandale ! ». L’ultracrépidarianisme était né.

Mais pourquoi, parler d’ultracrépidarianisme aujourd’hui ? Tout simplement, parce qu’il me semble que notre société fourmille actuellement d’ultracrépidarianistes qui commencent tous leurs discours sur les médias par ces mots : « je ne suis pas spécialiste, mais… », créant ainsi une confusion dans l’esprit de tout un chacun. Le débat entre professionnels de santé est déjà suffisamment complexe et parfois contradictoire pour que n’y soient pas rajoutés des avis de personnes pas ou peu éclairées sur le sujet.

 Par contre, une chose est certaine, et là, tout le monde semble d’accord, nous devons désormais sortir masqués. Voilà, en effet, que depuis maintenant plusieurs semaines, il ne nous est plus possible de nous réchauffer à la chaleur du sourire d’un ami, d’un collègue ou même tout simplement d’un passant. Plus possible non plus de nous embrasser affectueusement, ou de nous serrer la main en signe de convivialité et de respect de l’autre. Autant de gestes qui ont disparu brutalement de notre univers pour laisser la place à ces masques, symboles de la pandémie, de la maladie voire de la peur et de la mort.

Le masque, culturellement, est assimilé soit à des événements festifs (bals masqués, carnaval…), soit à des événement violents (hold-up, banditisme…), mais dans tous les cas à des moments furtifs de la vie en société, et voilà que brutalement, la Covid nous impose un monde entièrement masqué en permanence, où parfois on peut lire une certaine angoisse dans les yeux de nos concitoyens.

L’usage intensif et parfois abusif des outils high tech (smartphone, Ipad,…) a déjà largement contribué à nous priver de nos oreilles en étant en permanence branchés sur le reste du monde sans entendre ce que peut nous dire notre voisin (il suffit pour s’en rendre compte de prendre le métro et de constater le nombre de personnes avec des écouteurs sur les oreilles !), voilà que cette épidémie nous prive maintenant de la moitié de notre visage…

Fort heureusement, il nous reste nos yeux, nos yeux pour exprimer notre sympathie à nos amis, notre amour à notre partenaire, notre étonnement devant telle ou telle beauté…. Et nos yeux pour lire, découvrir et apprendre encore et encore. Aussi, dans cette période où les voyages sont restreints, où les réunions sont devenues quasiment impossibles, je vous invite à faire un détour par Arts et Voyages et par sa bibliothèque. Le plaisir de tenir un livre demeure, de tourner les pages pour entrer dans une histoire et ainsi s’évader le temps de quelques chapitres de ce monde de masqués !

Et puisque nous parlons de bibliothèque, n’hésitez pas à nous faire partager vos coups de cœur littéraires, ils trouveront bien évidemment leurs places sur nos étagères. (contact@artsetvoyages.com )

Amitiés à tous et prenez soin de vous

Nicole Imbert-Degrave

3 commentaires sur “La Covid, encore et encore…

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  1. Editorial fort intéressant et très pertinent sur la situation bizarre que nous sommes en train de vivre. C’est vrai, la pandémie a fortement restreint notre communication avec nos semblables. Mais nous pouvons aussi nous parler en mode vidéo et ainsi – au moins – voir le sourire de ceux qui nous sont chers, ce que ne pouvaient pas faire les gens victimes de fléaux ou d’épidémies (peste, choléra et autres) par le passé, avant la révolution numérique. Donc gardons notre sourire sous le masque, essayons d’aller de l’avant, de rester positifs … et continuons à lire!

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  2. Moi aussi j’ai appris un nouveau mot!! comme tu te dis si bien que chacun reste à sa place, il faudrait aussi que les médias soient un peu plus sélectifs dans le choix de leurs invités afin de ne pas créer plus de confusion. Alors faisons preuve de résilience afin de passer cette période compliquée. Il nous reste effectivement la lecture pour voyager en attendant des jours meilleurs.

    Aimé par 3 personnes

  3. « Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler »… Heureusement, nous ne sommes pas encore aveugles mais que voyons-nous, que comprenons-nous de ce raz de marée mondial provoqué par un virus invisible ?

    Hibernons en nous réfugiant dans la lecture, j’en suis tout à fait d’accord, Nicole, Marie et Joëlle, mais tout en essayant d’être vigilants et lucides !

    Aimé par 2 personnes

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